Cours national

Juger du bilan d'une municipalité est prématuré au bout de quelques mois : voilà pourquoi j'ai préféré laisser passer une année, le temps que les traits de gouvernance transparaissent, que les décisions commencent à porter leurs fruits. Je prendrais quelques exemples pour égayer mon propos.

Soyons terre à terre.
De nombreuses personnes se sont plaintes de trottoirs laissés à l'abandon, se recouvrant d'herbes folles. La nouvelle municipalité ne surveillerait-elle plus ses agents d'entretien des espaces publics?
Mauvais chefs, mauvaises consignes, mauvais entretien ?
Il n'en est rien : le Maire, comme l'avait d'ailleurs décidé son prédécesseur, a simplement suivi les orientations européennes qui incitent les collectivités à ne plus utiliser d'herbicides comme par le passé. Extrêment polluants. Excellente décision !
Sans doute par manque de communication, les habitants de Saintes ne voient que les effets néfastes de cette décision. Certains agents aussi, ce qui semble indique vraiment un déficit explicatif. Une campagne citoyenne bien menée aurait impliqué les habitants vers une participation a minima (chacun nettoyant devant chez soi pour ceux qui en ont la capacité...) et à la reconnaissance et la mise en place consentie d'une politique écologique.
Il faut agir mais aussi expliquer, communiquer et impliquer: dommage !


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Politique urbaine : ce domaine là est bien sensible en cet été 2009, après la mise en place du nouveau plan de circulation et le "nettoyage automobile" de la place Bassompierre. Je rappellerai à ceux qui l'auraient oublié que pendant la campagne électorale, j'avais avec mon équipe affirmé que tout changement sur la Place Bassompierre devait être progressif et consenti après une vraie concertation avec les commerçants et les riverains.
Il faut dire que le "non-remplissage " du parking Pelletan coûte cher à la ville à cause du "merveilleux" contrat signé par l'équipe précédente (Bernadette Schmitt/ Thierry Faure).
La concertation avec les commerçants a consisté plus à les informer des orientations décidées qu'à les co-impliquer dans la génèse du plan de circulation. La communication autour des nouvelles possibilités de stationnement s'est révélée catastrophique envers les usagers (pas de panneaux indicateurs lors de la mise en place). Pire, Monsieur le Maire n'a pas cédé aux suppliques des commerçants qui lui demandaient un report à cause de la crise économique.

Commerces saintais

Malgré une grogne en hausse, il faut le savoir, certains habitants sont ravis : puisqu'ils vivent en centre-ville, ils n'ont pas encore saisi les enjeux de la baisse d'activité et leurs conséquences pour nos commerces et la vitalité même de la cité ; ils ne subissent pas les contraintes de stationnement parce qu'ils vivent leur ville à pieds ! Je leur dis que ce qu'ils apprécient – comme, par exemple, la diversité et le charme des commerces du marché – s'estompera discrètement, à cause de la fuite des usagers externes qui ne vivent pas les mêmes problématiques, mais contribuent pour une part importante à la vie économique saintaise.
Mais cette conception du global, intégrant à la fois les enjeux urbains et péri-urbains, ceux de la ville et de son aire urbaine, c'est aux élus de la dominer, pas aux usagers de la ville.
En cette fin d'été 2009, Jean Rouger va t-il initier une nouvelle maturation de Saintes, avec moins de voitures, plus de piétons, plus de bonheur en sorte, ou s'imposer comme un co-destructeur urbain ?
Peut-il encore inverser la tendance et renouer avec les commerçants ? Peut-il temporiser certains excès ?

C'est au Maire de répondre, car fuir les conflits ne les a jamais résolus : puisse-t-il m'entendre!
On ne peut donc que l'encourager à revoir certaines de ses positions ; car la légitimité du scrutin démocratique n'autorise pas l'autisme politique.

Pierre Maudoux