Et si tout cela était dû à une comptabilité primaire ridicule?

Et si tout cela était dû à une comptabilité primaire ridicule?

10 octobre 2019 0 Par Pierre Maudoux

Et si tout cela était dû à une comptabilité primaire ridicule?
Notre société a fait le choix de la productivité déclinée sous toutes ses formes et sous toutes ses exigences.
Au nom de l’efficacité publique, et de la stabilité fiscale, on a resserré dans tous les secteurs de l’état le nombre de fonctionnaires.
Avec notamment une police nationale en sous effectifs, les collectivités territoriales ont été obligées de créer une police municipale qui elle aussi a un coût . Avec moins d’agents, les horaires sont devenus parallèlement à une augmentation de la charge de travail, insupportables pour les familles policières( un week-end sur six complet).
Avec un hôpital public resserré, on a abouti à un mal-être historique des hospitaliers français et un service dénaturé, explosé dans la ruralité, débordé dans les villes, et des médicaux qui fuient la fonction publique hospitalière.
Pour diminuer le coût du secteur médical libéral, on a cru à l’hypothèse de former moins de soignants et on en paye aujourd’hui la lourde addition.
Au nom de l’efficacité privée, tous les secteurs sont en tension avec une qualité de travail qui délivre stress et mal-être, congés maladie, compression des personnels, et une qualité de service là aussi dégradée. Les banques, par exemple, diminuent leurs effectifs. Les groupes aussi, notamment lors des fusions et autres regroupements.
Malgré tout cela, la pression fiscale en France a grimpé pour atteindre un niveau intolérable.
Car si on comptait avec attention, on ajouterait le coût monstrueux des arrêts maladie, des anxiolytiques, des suicides, du découragement, des grèves. Le coût abyssal des personnes sans emploi. Ce dernier ne se compte pas uniquement en termes de charges sociales et fiscales pour le supporter. Il se décline aussi en terme de coût social avec une violence qui a un prix, une délinquance avec ses dégradations, ses victimes, ses effets sur l’institution judiciaire, avec l’émergence de systèmes d’économie parallèles qui ont un coût, là aussi.Avec le prix aussi, du découragement et des familles en quête de revenu, ses déclinaisons médicales et le défaut d’entrainement de l’économie.
Alors serait peut être venu, en ces temps de dégradation historique de pans entiers de notre société, le moment des bonnes questions.
Tous ces emplois en moins ne sont ils pas autant de charges sociales et fiscales en plus?
Autant de sources d’un mal-être qui devient endémique?
Autant de raisons pour nos politiques comptables de notre système de retraite en faillite, de proposer un allongement de la durée de vie au travail, par manque d’équilibre financier dû à un manque de cotisants?
Autant de raisons, à contrario, pour plein de petites structures( artisans, commerçants, professions libérales), de ne plus recourir à l’emploi car il est devenu source de tracasseries administratives et d’une charge financière étouffante( prélèvements urssaf, taxes en tous genres).
On s’aperçoit bien tardivement de la légèreté de cette comptabilité primaire trop bien installée, et de ces graves impacts sur nos vies.
Aurions nous confié nos vies à des apprentis?