Psychiatrie, violence et société

Psychiatrie, violence et société

4 octobre 2019 0 Par Pierre Maudoux

Psychiatrie, violence et société.
La maladie mentale a toujours fait peur au commun des mortels. Bien souvent à tort.
L’évolution de la psychiatrie a fait qu’au siècle dernier, des services libres , des dispensaires ont heureusement vu le jour pour le bien être des patients dont personne ne pourrait affirmer qu’un jour il ne rejoindrait pas leur rang.
Malgré tout, une très faible partie des malades mentaux peut représenter, lors de bouffées délirantes, un danger pour eux mêmes, pour leur entourage familial, pour leurs voisins, leurs collègues de travail, pour la population.
Notre société bienveillante essaie de faire au mieux mais n’a pas, ce jour, à ma connaissance, apporté de réponses cohérentes, humaines, et responsables à l’intégration, à la maîtrise des risques encourus par cette problématique.
Le problème est complexe car avant un fait de violence grave, mais où commence la gravité ?, les familles vivent et subissent parfois dans le déni, baladés entre associations de soutien, médicaux, et la tentation culpabilisante de contacter les forces de l’ordre.
Quand des faits de violence sont avérés et constatés par les forces de l’ordre, en général après un acte de violence contre autrui, la reconnaissance de la non-responsabilité pénale associée à un traitement médical autorise le retour en société.
Il se pose donc de multiples problèmes.
Le positionnement géographique des structures d’accueil qui inquiète à juste titre les riverains. C’est le cas à Saintes près de l’école de formation des infirmières et infirmiers, avec des riverains qui ont porté en justice la future implantation d’une structure d’accueil.
Mais se pose aussi l’observance ou non des traitements prescrits, la surveillance de malades adultes immergés en milieu d’habitation, à la frontière entre la liberté individuelle, le secret médical et la sécurité de la famille, des riverains , des passants, l’intervention ou non des forces de sécurité.
Mon souhait est qu’une réflexion nationale s’engage notamment quant à l’observance obligatoire et suivie des traitements sous peine de retour en milieu fermé , mais aussi quant aux critères d’alerte, à l’information du public, et à la mise en place d’une chaîne de solidarité et d’éventuelle intervention en cas de prémisse de récidive, ou de soutien pertinent face à des situations laissant supposer un éventuel passage à l’acte.
Faire société, c’est affronter les problèmes dans l’intérêt de tous. Or nier une problématique comme celle de 600 000 français susceptibles, contre leur gré, de poser un problème de sécurité n’est ni leur rendre service, ni répondre aux angoisses des proches.