Le vote Bayrou : La révolution Soft ?

Les français ne rèvent-ils pas secrètement de donner une leçon au Monde Politique? Ne sont-ils pas nombreux à s’estimer trompés par la conséquence inutile au final de leur non référendaire? Ne sont-ils pas des cohortes à estimer que Jacques Chirac a raté  le rendez-vous historique du rassemblement national après le 21 avril 2002? N’aimeraient-ils pas pour certains se faire plaisir et bousculer les partis traditionnels (UMP/Ps) qui se partagent postes et circonscriptions au gré d’alternances sans changements profonds et durables pour la France et les français?En gros, leur capacité à exprimer leurs divers  mécontentements ne sortira pas dans les rues, ils l’ont compris au moment de la réforme des retraites.

Alors il reste aux mécontents aventureux deux hypothèses de conduite politique.

La première court dans les salons quand les gens se lâchent et avouent leurs intentions Lepennistes. Personne ne veut y croire mais la rumeur se confirme: Marine Le pen pourrait bien être au second tour. Qui croirait que face à François Hollande elle n’aurait aucune chance  doit envisager la triste réalité: elle fait moins peur à l’opinion que son père, elle est la seule avec Mélanchon à proposer le retrait de l’Euro, et son accession à la présidence représenterait un cataclisme politique et une vraie claque  pour toute la classe politique. La peur de l’extrème droite, la honte d’une telle situation, l’irréalisme de ses propositions, les réactions de sursaut démocratiques résisteraient-ils dansun deuxième tour présidentiel à la tentation de l »électrochoc du cahos, avec la folle possibilité de s’offrir ensuite un parlement de droite ou de gauche, annulant risques mais préservant le coté choc?

La seconde monte lentement dans les sondages : le vote Bayrou

Cette orientation politique est présentée aujourd’hui pour ce qu’elle représente : une alternance raisonnable, le choix d’un homme sensé, qui propose l’union nationale et la réflexion politique consensuelle pour sortir notre pays de ses propres hornières dans un monde qui bouge, avec des solutions pragmatiques respectueuses de nos valeurs et de nos traditions.

La face cachée du vote François Bayrou est l’éclatement plausible que provoquerait son élection à la présidence de la République, du système bipolaire actuel, avec la fin du Parti Socialiste et la fin de l’UMP, tout du moins leurs éclatements réciproques, mais aussi la constitution sans doute d’un bloc centriste polimorphe. L’apparition, pourquoi pas, de nouveaux comportements politiques moins sectaires et plus tournés vers l’intérêt général? L’arrivée, dans le milieu politique, de personalités nouvelles issues de la société civile. La fin, pourquoi pas, de féodalités locales répétitives.

On pourra trouver ce biais secondaire pour les centristes convaincus, mais pour d’autres,les multi-grincheux, ne serait-ce pas un levier intéressant de leur proposer la révolution, la révolution soft, la révolution Bayrou, passant par le vote François Bayrou dès le premier tour des présidentielles?

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Pierre Maudoux