Éthique et politique

La France est en crise majeure économique, politique, militaire.

Ses budgets sont en déficit, de l’Etat qui cherche désespérément à réduire sa dette, ses dépenses et assomme les ménages et les entreprises de taxes, de la fonction publique hospitalière aux incohérences budgétaires… aux collectivités territoriales dont les dotations sont diminuées.

Pour les ménages et les entreprises, pour les administrations, il n’est question que de peser chaque investissement, de réduire le fonctionnement par des dépenses justes. La période est aux choix , la saison est à la disette.

L’économie étouffée n’arrive plus à rattraper une pieuvre gigantesque de prélèvements, et si les plus optimistes parlent d’un espoir de reprise, des scénarii catastrophes ne se mettent-ils pas en place en filigrane ? Qui n’a pas vu en Europe la montée des extrêmes droites ? Qui pourrait dire que l’idée européenne et même le projet européen ne sont pas en berne ? Qui ne s’inquiète de ces immigrations massives à nos portes qui conforteront demain encore plus – à coup d’arguments économiques simplistes et de situations terroristes – les propos des tribuns populistes ? Qui ne s’inquiète de nos terrains d’intervention militaires à l’extérieur coûteux, isolés , à l’image d’une puissance nationale qui veut perdurer dans le Monde avec des moyens qui ne lui permettent plus.

Qui pourrait prétendre que l’avenir professionnel des nos enfants est assuré quel que soit leur niveau d’études?

Dans ce contexte morose et bien préoccupant, avec un taux d’inactivité alarmant, que retiendra l’histoire des élus locaux ou nationaux qui s’octroient hors de l’éthique la plus élémentaire, en dépit du contexte et avec une arrogance avouée et sans complexes, qui s’octroient donc une augmentation de leur pouvoir d’achat personnel avec l’argent publique ?

Est-il moral de se faire voter lors de sa prise de fonction comme président d’une Communauté d’Agglomération une augmentation de 37% – soit mille euros par mois de plus ? Est-ce conforme à nos principes de solidarité de s’octroyer en toute discrétion une voiture de fonction – alors qu’une voiture de service serait plus raisonnable? Est-il bien normal d’augmenter les budgets de la communication de sa ville et de réaliser une campagne d’affichage comme si la proclamation d’élus « gardant le cap » en cours de mandat n’était pas choquante et évocatrice de républiques qui n’en sont pas? Est-il sain d’envoyer autant de signes d’opulence à des administrés en souffrance ?

Suivant un discours électoral de rigueur budgétaire, concomitante à une réduction des subventions des associations du territoire, adossée à une volonté exprimée lors du dernier conseil municipal de recherche d’équité fiscale, la conduite débridée du nouvel élu saintais n’aura pu que choquer nombre de citoyens intra et extra muros par les contradictions qu’elle soulève. Contradictions entre les promesses politiques et leur tenue, contradiction entre ce que certains élus appliquent à eux-mêmes et ce qu’ils proposent à la collectivité et à ses citoyens. Contradictions de fond. Contradictions de forme.

Aux heureux défenseurs de ces conduites – au prétexte de la même appartenance politique, au prétexte d’une victoire de l’efficacité potentielle d’un mandat sur sa conduite morale, au prétexte d’opposants aux abois de faux pas de novices, ne pourrait-on évoquer l’exemplarité des élus incontournable en période de restrictions ? Ne pourrait-on rappeler les principes que quelle que soit notre appartenance politique, nous, français, nous avons enfouis au plus profond de notre être et que nous sentons bafoués par une légèreté pour le moins condamnable ?

Je suis au regret de constater que la sérénité n’accompagne pas la gouvernance de notre ville. Je suis désespéré de l’image désastreuse que certains épisodes navrants donnent de notre ville.

Je reste inquiet de la non constitution d’une grande agglomération Saintaise, autour de projets fédérateurs et modernes de développement.

Les péripéties autour de l’achat d’un véhicule de façon illégale, et sa revente tout aussi illégale, quelle qu’en soit la conclusion, auront marqué le temps politique par delà notre territoire.

On regrettera avec amertume que le sens de la responsabilité politique soit absent de la gouvernance d’équipe justement « aux responsabilités » de la ville et de son territoire.

J’annonce que mon combat politique conserve plus que jamais, à mes yeux, son identité propre.

Identité forte de principes de respect, de participation, de modernité, de confiance réciproque et de dévouement à l’action publique portée vers le développement de Saintes dans l’union, le consensus et l’action.

Pierre Maudoux, 29 mai 2015

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Pierre Maudoux