Le carré d’herbe.

Je souhaiterais tant que sur chaque carré d’herbe de cette planète on puisse s’asseoir et regarder au loin en toute tranquillité.
Quelle que soit la couleur de sa peau. Quelle que soit sa religion. Quelles que soient sa nationalité, ses origines, ses opinions.
Je souhaiterais tant que sur chaque carré d’herbe de ce monde un autre puisse s’asseoir et converser au près en toute fraternité.
Quels que soient ses différences, son passé, ses aspirations et ses souhaits contradictoires.
C’est peut-être parce que l’herbe se fait rare que ce genre de vœu fait sourire?
C’est sans doute parce que l’homme se fait brute sanguinaire que ce carré d’herbe est trop souvent couleur sang?
C’est peut-être céder à la violence que d’oser en parler?
Alors en ces matinées proches de noël, mes pensées vont vers 
quatre jeunes filles européennes sauvagement assassinées. Deux en gare de Marseille. Deux dans les montagnes de l’atlas marocain.
Nos larmes sont des fleuves d’amour qui voudraient nettoyer cette boule bleue de ses horreurs barbares. 
Quelles graines de haine sont donc semées sur l’herbe de cette maudite planète pour priver de vie quatre fleurs innocentes?
Je souhaiterais tant que sur chaque carré d’herbe de cette planète on puisse s’asseoir et regarder au loin en toute tranquillité.

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Pierre Maudoux