Le mirage des suppressions de taxes

Quand on rase gratis, qui sera tondu?
En 2009, le Président de la République de l’époque , Nicolas Sarkozy, voulait afficher un soutien au monde entrepreneurial et annonçait la fin de la TAXE PROFESSIONNELLE!
L’Etat se retrouvait gagnant car les entreprises bénéficiant d’une baisse de taxe locale pénalisante augmentaient de fait leur bénéfice, donc il y avait à prévoir plus de rentrées fiscales pour l’Etat. 
Les collectivités locales lésées eurent pour les calmer en 2010 une augmentation de leurs dotation, avec en prime un cadeau fiscal: la création d’une nouvelle taxe, la CET( contribution économique des entreprises).
La CET est composée de la CVAE( cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises que ne payent que les entreprises faisant un chiffre d’affaire conséquent) et de la CFE( contribution foncière des entreprises).
Pour de nombreux artisans, tpme ou professions libérales, la CET se résume donc à la CFE.
En 2010, certaines collectivités n’avaient pas délibéré sur la base minimale de cotisation de la CFE qui ne dépendait pas du chiffre d’affaire. Ainsi, donc, de nombreuses entreprises( ce fut le cas sur le territoire saintais) ont payé pendant des années une CFE modeste. L’administration territoriale, qui conseille nos élus locaux, a fini par leur suggérer de revoir les bases de la CFE pour qu’elles soient proportionnelles au chiffre d’affaire.
La CFE a donc pris une belle envolée pour nombre d’entreprises de petite surface locative pour ces fêtes.
Personne n’y verra à se plaindre, surtout pas les élus qui ont voté ces augmentations( à Saintes en septembre 2017), ni les collectivités qu’ils représentent( augmentation de leur finances), ni une bonne partie des citoyens. Ce ne sera peut-être pas le cas pour les petits patrons ou pour leurs employés en attente d’une prime pour les fêtes…
Il est fort à parier que la CET rattrapera un jour l’ancienne taxe professionnelle… au détriment de l’engagement politique initial, et au détriment de nombre de petites structures aussi.
Heureusement, le chef de l’état actuel, Emmanuel Macron, aurait entendu le message du trop de taxes en France.
A la lecture de ce qui précède, qui douterait que la méfiance des français ne soit exacerbée quant aux taxes ou aux impôts que l’on prétend supprimer ou baisser?
A l’heure de la distribution de chèques gouvernementaux , on se posera avec gravité la question suivante:
QUAND ON RASE GRATIS, QUI SERA TONDU?

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Pierre Maudoux