Equilibre et politique ?

Extrait d’un courrier adressé en 2008 à certains cadres  départementaux  du Mouvement Démocrate.

L’équilibre est une notion qui me préoccuppe énormément. C’est un but à atteindre dans l’excercice politique. Cette notion sous-entend tant de progrès dans l’exercice politique ! commentaire du 12 janvier 2010

 

L’EQULIBRE

L’équilibre : voilà bien le mot politique par excellence.

Un gouvernement qui travaillerait à l’équilibre des exigences sociales, éducatives, économiques, environnementales publiques et privées, qui jonglerait avec justice et pertinence entre toutes les revendications des vieux, des jeunes, des autres, des salariés, des patrons, des autres, des femmes, des hommes, ne serait-il pas enfin le défenseur de cet intérêt général , le chevalier servant d’une dimension collective surnommée Nation ? Et nous serions en plein rève…

Mais si vous étiez vraiment servie, Madame, ou servi, vous, Monsieur, par un tel gouvernement, seriez-vous en train de postuler pour perdre soirées et week-ends au nom du changement, à la solde de l’espoir, au soutien d’une vision…diffférente, plus pragmatique, plus raisonnable, plus consensuelle, et plus efficace ? Certes non !

L’Equilibre est difficile à obtenir, oui, car tout est complexe, les gouvernants , les citoyens, le contexte national et international… les syndicats, les marchés financiers, les autres, tous les autres… et la critique trop facile. Mais on reconnaîtra que Nicolas Sarkozy joue au funambule républicain qui tombe souvent et remonte comme il peut sur son fil. On admettra que les ministres accrochés à sa perche agitent les bras un peu vite, et que ces sémaphores amateurs ne nous rassurent pas, ou si peu !

Une collectivité locale, ou départementale, ou régionale à l’équilibre budgétaire, et vous seriez, Madame, Monsieur, la plus heureuse ou le plus heureux des contribuables. La loi les y oblige, en voila un bel objectif ! Mais est-ce bien suffisant comme programme en réponse à vos attentes et aux impatiences des autres, parfois impérieuses, si réelles, si cruelles, si urgentes ? Est-il raisonnable que des projets parfois farfelus, banaux, démesurés, satisfassent le quotidien ou le développement des jeunes, des familles , des services publiques, des entreprises ? Pourtant l’équilibre local pourrait reposer sur une évaluation responsable, collective, nourrie d’une analyse des besoins et déboucher, dans le consensus, sur une forme prospective de gouvernance éclairée. L’évolution de la collectivité, dans ses intérieurs, dans ses enjeux de développement, dans ses rapports à ses voisins pourrait se faire ainsi à l’équilibre…Surtout si un nouvel équilibre se faisait jour dans la mise en fonction de nouveaux élus, si loin de l’équilibre actuel, où de vieux briscards de la politique locale passent allègrement de leurs mairies, de leurs Pays locaux, de leurs CDC, du conseil général… à des postes bien gardés de sénateurs endormis !

L’Equilibre dans un projet politique, dans une position politique, dans une campagne politique, dans nos propositions politiques, c’est sans doute la voie médiane entre le rève, l’espoir à offrir (sinon on n’a aucune chance d’être élus et reconnus) et le réalisme , entre simplification du message de communication et profondeur du point de vue, entre important et accessoires,…entre enthousiasme et sérénité…L’équilibre pour atteindre la victoire est sans doute plus difficile que dans l’exercice du pouvoir: toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire électoralement parlant, toutes les explications ne sont pas utiles, et le pragmatisme de combat électoral doit passer par l’examen scrupuleux de toutes les voies , et de toutes les impasses, qui ménent à la victoire. Le genre de sérénité qui puisse admettre le déséquilibre, justement !

Tout ce laïus pour vous laisser ressentir que l’équilibre, en politique, c’est aussi intouchable que difficile, aussi impalpable, dangereux, que mytique…et qu’en tous cas, c’est trop noble pour être ramené , en parlant du Mouvement Démocrate, à l’action d’un détergent de piscine chargé d ‘éliminer les algues en rétablissant le pH !

Je suis convaincu que dire à la presse, aux militants, aux opposants, dire à toute personne … qu’on puisse demander à des électeurs Modem de voter à Gauche ou à Droite en fonction ou en vertu d ‘équilibres entre les partis politiques (équilibres à tenir, à respecter ou à retrouver)… ou entre les couleurs des collectivités tenues par les partis et leur saturation géographique sur un département s’apparente politiquement à manier de la dynamite. Pour reprendre l’image des algues de piscine, le MoDem ne doit pas être la force tampon que l’on disperse dans les eaux troubles mais l’eau vive et limpide qui clarifie voir remplace.Il ne doit pas jouer l’arbître du moment électoral, quel qu’il soit , local ou national, mais s’imposer par ses valeurs, ses propositions et leur clairvoyance, ses différences de pratique démocratique, son indépendance.

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Pierre Maudoux