Des cantonales très politiques?

Des cantonales très politiques?

Le dernier scrutin avant la réforme territoriale s’annonce très tendu.

En premier lieu, on se révoltera, moi le premier, contre l’usage qui voulait, et veut encore,que des candidats discrets, sans étiquette politique affirmée, abordent une élection considérée comme de second plan sous une étiquette de Majorité Départementale.

Comme si l’enjeu de ces élections n’était pas la maîtrise d’un gros budget publique, d’orientations budgétaires et à caractère politique, de la maîtrise ou non de la fiscalité, et de la répercussion « en pluie » de subventions ou de non subventions vers des projets généraux structurant le département, irradiant en profondeur dans nos terroirs. Comme si au final il ne se dégageait pas une Majorité départementale omnipotente dans ses choix ! Homothétique dans ses votes, godillotte dans son comportement, et laissant le feu vert à son Président !

Comme si son Président n’en profitait pas pour asseoir son profil politique, pour affirmer sa compétence, pour écraser la pluralité, et pour demain ou hier s’envoler vers d’autres cieux ministériels ! J’affirme que si vous voulez, vous, citoyens et élus de notre Saintonge, et de notre département, que cela change, qu’il faut un contre-poids à ces majorités maquillées mais écrasantes qui par manque de pluralité politique lénifient le débat politique ou l’annulent !

Non, le département n’est pas géré comme une administration. Oui, il est géré à partir de choix politiques ; oui, l’élection cantonale est une vraie élection politique ; Et oui, si on veut qu’il y ait du changement, il faut élire des personnes qui peuvent vraiment porter le changement !

En second lieu, il s’agit bien du dernier scrutin avant la réforme et les élections territoriales. Ce sera une élection de positionnement pour les futures territoriales avec un nombre de conseillers bien inférieur. On devine les luttes internes à venir : une vrai lotion vomitive entre camarades pour se partager un gateau plus maigre. Donc la lutte va être féroce, et les soutiens à l’intérieur des clans pas forcément clairs (la nature humaine est si faible !).

En troisième lieu, on n’oubliera surtout pas que la position de l’actuelle Président du Département est très fragile car sa majorité dépend de deux sièges. Même si la coutume départementale a assis une majorité à droite avec un grand nombre de conseillers à étiquette flottante ou avec des ralliements étonnants, on peut supposer que l’appartenance de D. Bussereau au gouvernement il y a encore quelques semaines ne soit reprochée à l’UMP – pardon – à la Majorité Départementale !

On se souviendra de la côte actuelle de Nicolas Sarkozy pour comprendre les inquiétudes légitimes à droite! On comprendra aussi que ce scrutin constitue une sorte de mini-sondage avant les présidentielles, et un vote pour ou contre la politique gouvernementale manée lors de la législature.

En quatrième lieu, en pleine crise économique, les Charentais-Maritimes que nous sommes auront-ils vraiment oubliés l’augmentation de la fiscalité départementale de 2010 ? Celle là, on n’oubliera pas de l’imputer à Dominique Bussereau qui, quand même, a du toupet quand il parle de geler la fiscalité pour la prochaine année.

En cinquième lieu, autour de Saintes, le souvenir plus que mitigé qu’a laissé l’ancienne Maire UMP Madame Schmitt avec une atonie de développement économique et des délégations de service publiques plus que contestables(parkings!)se mêlera-comment en douter!- au désarroi que provoque l’équipe socialiste sous l’autorité de Jean Rouger avec une politique de centre ville aggravée et une politique fiscale désastreuse. Monsieur Schmitt, qui ne pourra quand même pas dire qu’il ne soutient pas la politique idéologique du Président de la République, qui ne pourra pas prétendre qu’il ne serait plus UMP, alors qu’il en est responsable local, devra se défaire du bilan de son épouse. Madame Pichard, Parti Socialiste, conseillère sortante, devra-t-elle critiquer son clan pour préserver son électorat ? Quid de son bilan de deux mandats successifs ?

En sixième lieu, les prochaines municipales de Saintes et les anciennes de 2008 seront en filigrane de ce scrutin. Schmitt, Maudoux : des noms qui au moins sur la ville ne sont pas une découverte.

Pichard, une ambition que l’on devine pour 2014, puisqu’un groupe de travail aurait été créé en ce sens.

Alors oui, je l’affirme, le scrutin cantonal qui s’annonce, au moins sur Saintes OUEST, sent la poudre et le mélange des enjeux. On sera loin d’un scrutin secondaire. Il risque de dessiner le futur de notre territoire et les engagements à venir. Choisir le candidat du Mouvement Démocrate serait un vrai signe de changement ! A quoi bon râler quand on reproduit toujours les mêmes schémas politiques, les mêmes comportements, les mêmes alliances. Faites le savoir autour de vous : j’aurai le courage de mettre en place de nouvelles pratiques politiques, et je ne pratiquerai jamais la langue de bois.

Pourquoi? Car je suis mû par le désir profond de prouver que l’on peut diriger localement et plus de façon différente. La troisième voie, qui n’a pas été essayée, elle n’est pas idéologique. Elle n’a rien contre les services publiques. Elle n’idéalise pas les partenariats avec les entreprises du CAC 40.

Elle est sereine, juste, sociale, elle veut aussi promouvoir l’initiative individuelle et le soutien aux TPE et aux PME. La raison ne signifie pas la timidité : je défendrai avec force les ideaux auxquels je crois.

Pierre Maudoux, 29 janvier 2011

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Pierre Maudoux