Le temps des contradictions

Seule la réalité compte: tout le reste n’est que de la communication !

Le temps des contradictions 29 janvier 2011.

La crise secoue la planète et quelques prodromes manifestatoires en Angleterre, à Rome, ou des émeutes comme à Tunis, Alger, ou au Caire , montrent son impact sur des populations en mal de vivre. Chômage, petits boulots, salaires de misère, précarité sociale, difficultés financières et avenir incertain fabriquent un pain quotidien qui remplit mal les panières des familles.

Pour ajouter au désarroi économique et humain , force est de constater que

les déroutantes contradictions qui perdurent n’apaisent pas le climat.

1 – Le volontarisme politique affiché à grande force de communication et de promesses par les leaders politiques se heurte à leurimpuissance politique dans l’action.

2 – Les outrances du capitalisme débridé qui ne se cache plus, ne freînent pas l’extension d’ une culture monde façonnée par l’argent, la rentabilité, le luxe, le jeu.

3 – L’unification politique, sociale, fiscale de l’Union Européenne est contrariée par l’ élargissement irresponsable et précoce que l’UE a connu..

4 – La voix européenne pèse aussi peu sur la scène internationale que ses voix multifanfarronantes nationales tentent de le faire. Les plans de relance européens restent en gestation, le chacun pour soi reste de mise, l’euro est fragilisé.

5 – La nécessité de l’Union nationale face à la gravité de la crise, rencontre le déchirement des parlementaires en vertu d’échéances électorales. Pourtant la crise est là.

6 – Le verbe politico-médiatique se disperse en prédictions, alliances, candidatures, soutiens, primaires, au lieu de proposer une réponse, du concret, des propositions pour changer le quotidien des populations, des entreprises… et des services publiques.

7 – Malgré la complexité des enjeux, la dette et sa tenue, la dépendance et son coût galopant, les déficits sociaux et médicaux, les dualités du travail de la solidarité et des charges, le peu de débouchés, les dérives de la société…la mode est à la simplification politique . Ainsi,le populisme de gauche, de droite et d’extrême droite s’installe aidé par le bras médiatique avide d’effets de scène. La république attend son sauveur !

8  -Malgré les défauts flagrants de notre démocratie (abstention aux scrutins, obscurantisme, manque de dialogue social vrai, tours de passe passe du Berlusconisme, conflits d’intérêt, proximité du pouvoir et du capital…) les européens s’ autorisent des leçons moralistesenvers les Pays du tiers Monde.

9 – Face à la crise et aux licenciements, la rigueur supprime (dans le bal de la productivité et le souhait de réduire la dette) les emplois publics à la pelle et rien n’est fait pour encourager les hausses de salaire puisque les charges continuent à peser sur le travail. On se posera quand même de l’effet pervers d’installer en récession des pays déjà en souffrance en larvant toute possibilité de relance: la rigueur n’installe-t-elle pas d’autant plus l’austérité ? La rigueur ne freine-t-elle pas la croissance? Si les objectifs de désendettement de notre nation sont louables, son rythme est-il supportable ?

10 – La comptabilité très simpliste “moins de fonctionnaires moins de dette” (car il faut bien les payer) ne tient pas compte des effets qui découlent de son applicationcomme le poids financier de l’aide sociale des gens sans emploi dont le nombre augmentera logiquement, comme la violence sociale induite sur des populations sans espoir et de son coût, comme la baisse de qualité des services publics, comme la déstructuration totale de notre société. L’équation de l’équilibre budgétaire n’est sans doute pas aussi simple qu’un tir à vue sur la fonction publique. Loin de toute idéologie, ce qui compte n’est-il pas d’ offrir le plus de travail pour tous ? Ce qui compte, n’est-ce pas avoir le meilleur rapport efficacité coût des services au public? A ce titre, les privatisations des sociétés d’autoroute, de gaz, d’électricité, de stationnement public, ont-elles soulagé les dépenses des ménages? Si une fiscalité exagérée freine le pouvoir d’achat des contribuables, on reconnaîtra que ces derniers ne gagnent rien si les privatisations successivent autorisent des hausses de tarif sans frein.

Autrement dit, ce qui est gagné du côté fiscal a été perdu du coté pouvoir d’achat.

Vous m’aurez peut-être suivi jusque là: il est grand temps de prendre du recul sur l’évolution de nos errances, sur la conduite de nos affaires publiques pour la construction de notre société.

Quels leviers politiques maîtrisons nous ? Quels leviers nous échappent ?

Réponse à l’un de mes prochains billets !!

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Pierre Maudoux