« Moulin » : Laszlo Nemes filme les derniers jours de Jean Moulin

Le film « Moulin » sort en salles mercredi 28 octobre. Le réalisateur hongrois Laszlo Nemes, 49 ans, y met en scène les derniers jours de Jean Moulin et sa confrontation avec Klaus Barbie, chef de la Gestapo de Lyon. Gilles Lellouche tient le rôle du héros de la Résistance, le comédien allemand Lars Eidinger celui de Barbie.
Laszlo Nemes avait reçu le Grand Prix du Festival de Cannes en 2015 pour son premier long-métrage, « Le Fils de Saul ». « Moulin » est son quatrième film, et le premier qu’il n’a pas écrit lui-même : le scénario est signé Olivier Demangel. Présenté en sélection officielle à Cannes en 2026, le film y avait été bien accueilli, sans figurer au palmarès.
Un tournage en Hongrie
L’essentiel a été tourné en Hongrie, en décors réels. Seules les scènes de la prison de Montluc ont été reconstituées en studio, dans la banlieue de Budapest. L’équipe avait fait des repérages à Lyon, mais la ville s’est révélée trop différente de celle de 1943.
Le réalisateur a choisi le 35 mm et le format scope. « C’est très important pour moi que l’atmosphère soit aussi hypnotique que possible, comme si on essayait de rendre le passé présent », explique-t-il dans le dossier de présentation. Il joue du clair-obscur et du contre-jour, et éclaire les scènes avec des lampes de toutes sortes : plafonniers, torches, phares dans la nuit, globes dans un long couloir.
De Londres à Montluc
Le film s’ouvre sur des images d’archives de la débâcle de 1940, puis sur le parachutage de Jean Moulin dans les Alpilles, une nuit de janvier 1942. Venu de Londres, il porte un ordre de mission du général de Gaulle : unifier les réseaux de la Résistance intérieure. Moulin avait été, à 37 ans, le plus jeune préfet de France. Il agit sous le faux nom de Jacques Martel, qui lui permet de garder ses initiales, « JM ».
L’arrestation a lieu à Caluire-et-Cuire, le 21 juin 1943, dans la salle d’attente du docteur Dugoujon. Les Allemands n’ont rien consigné de l’interrogatoire qui a suivi.
Le film reste une œuvre de fiction. Le personnage de la comtesse, interprété par Louise Bourgoin, n’a jamais existé : il a été inventé pour les besoins du récit.
Les mots du producteur et des acteurs
Le producteur Alain Goldman dit avoir contacté Laszlo Nemes en 2024 pour lui soumettre le scénario. Selon lui, « Moulin » n’est pas un biopic classique, mais un film destiné à poser la question : « c’est quoi résister ? ». Il parle d’« un film immersif ».
Gilles Lellouche décrit « une expérience épuisante, éprouvante, qui reste et qui s’imprime dans la mémoire ». Le réalisateur lui a demandé d’aller contre sa nature : « Moi qui suis très volubile, j’ai dû me battre un peu contre moi-même avant que cette sobriété qu’on recherchait ne devienne comme un réflexe. » Lars Eidinger, qui a fait l’essentiel de sa carrière au théâtre, a appris ses textes en français phonétiquement.
Le film est distribué par Studio TF1.
Source : franceinfo