Saint-Martin-de-Ré : le député Pilato visite la prison par surprise

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Le vendredi 23 octobre, René Pilato, député LFI, s'est présenté sans prévenir à l'entrée de la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré, sur l'île de Ré. Il voulait constater lui-même les conditions de détention.

Ce qui l'a décidé : des courriers de détenus et d'avocats reçus à sa permanence. Un rapport d'inspection date de 2021, mais l'élu a préféré aller voir sur place. Il a visité la partie caserne, les cellules et les installations. Il salue un accueil « correct, courtois et cordial » de la part du personnel pénitentiaire.

« Difficiles mais pas indignes »

Son constat est nuancé. Les conditions de détention sont, dit-il, « certes difficiles mais pas indignes ». Les cellules restent trop petites, mais plutôt en bon état lorsque les détenus s'en occupent. Le taux d'occupation atteint 90 %, avec une personne par cellule. Le député compare avec l'établissement d'Angoulême, qu'il connaît, et juge la situation rétaise bien meilleure.

Il souligne aussi que les détenus sont des personnes condamnées. Elles connaissent la durée de leur peine et peuvent donc se projeter.

Pour les installations collectives, René Pilato note un effort sur la cuisine centrale, il y a trois ans. Beaucoup de détenus y mangent, et certains peuvent cuisiner eux-mêmes, ce qu'ils préfèrent. Ils ont accès à un gymnase et peuvent travailler à l'atelier le matin, un travail rémunéré. Les détenus y fabriquent les uniformes de l'administration pénitentiaire pour toutes les prisons. Ceux qui travaillent aussi l'après-midi passent moins de temps en cellule, de 6 mètres carrés.

Une maison centrale peut, selon lui, accueillir plus dignement qu'une maison d'arrêt, si les conditions permettent d'être jugé plus rapidement. Il reconnaît toutefois que 6 mètres carrés, « c'est très dur ».

Récidive et santé mentale

L'élu replace sa visite dans un débat plus large. Selon lui, on est « dans le tout carcéral » et la justice est surchargée. Il demande ce que l'on fera une fois les maisons d'arrêt saturées, s'il faudra construire de nouvelles prisons. Il pointe le très fort taux de récidive en France, qu'il relie en partie aux conditions de détention, et cite d'autres pays où un vrai accompagnement limite les récidives. La santé mentale est un autre problème : « on n'a pas les moyens d'accompagner en France ».

Depuis le rapport d'inspection de 2021, de nombreux aspects se sont améliorés, estime-t-il, mais il reste du travail.

René Pilato annonce un compte rendu sur son site, où il détaille chaque semaine son activité. Il répondra aux personnes qui l'avaient contacté et rédigera un rapport. Aller sur place est important, dit-il : à l'Assemblée nationale, en commission, ceux qui sont allés au contact des gens savent de quoi ils parlent.

Source : Sud Ouest