Vortex polaire : une perturbation jamais vue aussi tôt

Le vortex polaire s'affaiblit déjà, début novembre, ce qui augmente le risque de vagues de froid sur l'hémisphère nord. Ce qu'en tirera l'Europe, et la France en particulier, reste très incertain.
Pour la France, rien n'est écrit
À ce stade, Météo-France juge les conséquences très incertaines et dépendantes de la façon dont la perturbation va évoluer. D'ici à plusieurs semaines, l'écart de température entre le nord et le sud de l'Europe pourrait se creuser : plus froid au nord, plus chaud au sud.
Le réchauffement climatique peut aussi jouer un rôle, selon Judah Cohen. Aucune étude n'a toutefois établi de lien.
Des effets moins marqués qu'en plein hiver ?
Grahame Madge, porte-parole du Met Office britannique, nuance : l'impact pourrait être plus faible qu'avec une perturbation en plein hiver. Les régions sources de ces masses d'air, la Sibérie ou l'Arctique, n'ont pas encore les températures de février.
Judah Cohen, climatologue au Massachusetts Institute of Technology, affirme que la perturbation « augmente considérablement » le risque de froid dans les régions les plus peuplées : États-Unis, Europe, Asie de l'Est. Mais El Niño tend à adoucir les hivers. Cela pourrait atténuer ou changer les effets, précise-t-il, sans certitude.
El Niño dans le viseur
Madge juge cette précocité hors norme. Il avance une explication possible : l'ampleur d'El Niño dans le Pacifique cette année. Les deux chercheurs européens disent ne pas savoir d'où vient la perturbation, mais ils pointent eux aussi El Niño.
Ce phénomène naturel revient tous les deux à sept ans. Au printemps, l'eau de surface chauffe dans le Pacifique équatorial, centre et est ; les mois suivants, vents, pression et précipitations changent partout sur la planète. Cette année, il est exceptionnellement puissant.
Trois précédents en novembre depuis les années 1950
Tim Stockdale et Frédéric Vitart, du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, parlent de la perturbation du vortex stratosphérique « la plus précoce jamais observée », à leur connaissance. Un tel épisode en novembre n'a été enregistré que trois fois depuis les relevés des années 1950 : en 1958, 1968 et 2025, chaque fois un 28 novembre.
Un vent d'altitude qui flanche d'ordinaire en plein hiver
Au-dessus de l'Arctique, entre 10 et 50 km d'altitude, des vents très puissants tournent autour du pôle : c'est le vortex polaire, actif durant l'hiver. Quand son intensité ou sa forme varie, la météo en dessous peut changer, par exemple avec une baisse importante des températures.
Ces vents se renforcent en automne et culminent en janvier. L'affaiblissement survient en général entre janvier et mars : de l'air extrêmement froid peut alors descendre vers l'Europe, l'Amérique du Nord et l'Asie.
Source : SudOuest.fr