Biarritz prépare une soirée pour ses sauveteurs en mer

Les postes de secours encore en activité sur les plages vont se mettre en hibernation à la fin des vacances scolaires. Robert Rabagny, de l'association Les Dauphins biarrots, compte pourtant mettre le sauvetage en mer à l'honneur le dimanche 22 novembre, au théâtre du Colisée, à Biarritz. La soirée s'intitule « Sauveteurs d'hier et d'aujourd'hui ».
L'idée est née d'une rencontre avec la fille de Jean-Louis Biscay, surnommé Biscotte. Ce sauveteur historique de la Côte des Basques a aujourd'hui 93 ans et sort peu de chez lui. « Il était là en 1956 quand Peter Viertel est arrivé avec la première planche de surf », explique Robert Rabagny, qui rappelle aussi qu'il a joué douze ans en première au BO. « C'est un sauveteur historique. Il mérite un hommage ! »
Des guides-baigneurs aux sauveteurs d'aujourd'hui
Robert Rabagny a rassemblé de nombreuses personnes qui, dans leur jeunesse, ont secouru des baigneurs. C'est une tradition héritée des guides-baigneurs, ancêtres des maîtres-nageurs et sauveteurs, qui ont accompagné le tourisme balnéaire depuis le milieu du XXe siècle. Aujourd'hui, la formation se perpétue avec deux associations des plages basques : le Comité Côte basque MNS, représenté par Évariste Blasco, et le Biarritz Sauvetage Côtier, représenté par Manu Immig.
Ces deux associations ont ouvert leurs archives pour construire une longue fresque, qui sera projetée pendant la soirée. Elle remontera loin : il sera question de Joseph Fourquet, dit « Carcabueno », guide-baigneur légendaire qui a sauvé de la noyade un grand nombre de personnes à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Il sera aussi question de Jean-Paul Dedieu, qui fut directeur des bains à la Ville.
Jean-Louis Durgue, affecté à la Grande Plage de 1956 à 1961, confrontera ses souvenirs à ceux de Patrice Salles, qui y a travaillé de 1978 à 1980. Ce dernier se souvient d'un bateau gonflable baptisé « L'Espadon », sorte de Zodiac auquel on avait donné un nez pointu à cause des vagues. Georges Hennebutte, ébéniste et bricoleur de génie, améliorait régulièrement le matériel mis à disposition.
Robert Rabagny a retrouvé des cordages, des gilets d'époque et la première planche de sauvetage, offerte par des Australiens. Il possède aussi des documents sur le sauvetage au temps où Biarritz n'était pas encore une station balnéaire. Pour lui, « il y a beaucoup de transmission du virus du sauvetage au sein des familles » : des pères ont vu leurs fils ou leurs filles prendre le même chemin. Anglet, la ville voisine, sera aussi représentée le 22 novembre.
Il pense que les tiroirs des Biarrots recèlent d'autres documents. Ceux qui souhaitent les lui confier peuvent le contacter par courriel ou par téléphone.
Source : Sud Ouest