Marienia : brebis et manifestants devant Bouygues à Bayonne

Plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées samedi 24 octobre au matin devant les locaux de Bouygues Immobilier, à Bayonne, pour dénoncer le projet immobilier Marienia, à Cambo-les-Bains. Bouygues Immobilier et l'Office 64 de l'Habitat y prévoient 94 logements, dont 47 logements locatifs sociaux. Les manifestants étaient accompagnés de six brebis issues de la bergerie qui occupait les terrains.
La mobilisation a été lancée par le Collectif des associations de défense de l'environnement (Cade), le syndicat agricole basque ELB, l'association Lurzaindia et le réseau Ostia. Elle s'est tenue quelques heures avant la manifestation sur le pouvoir d'achat et les moyens alloués à l'éducation, partie à 14 heures de la gare de Bayonne.
Douze ans de lutte
Le combat contre ce projet, qui menace des terres agricoles, dure depuis douze ans. Début octobre, le Conseil d'État a écarté le dernier recours possible, déposé par le Cade, ce qui valide définitivement le permis de construire. En septembre, le tribunal judiciaire avait ordonné à ELB et à Lurzaindia de quitter les terres qu'ils occupaient depuis quatre mois et de détruire la bergerie construite au début de l'été.
Devant l'entreprise, les militants ont déployé de grands panneaux de bois issus de la bergerie détruite, portant l'inscription « Marienia Ez Hunki ! », soit « Ne touchez pas à Marienia ». Ils ont aussi glissé dans la boîte aux lettres un courrier demandant à Bouygues d'abandonner le projet.
« La lutte juridique arrive à son terme, mais la situation politique a changé », rappelle Philippe Saint-Arroman, du Cade. Depuis l'arrivée de Peio Etxeleku à la mairie de Cambo lors des municipales de mars, la majorité des élus est opposée au projet. « Les élus qui nous entourent sont désormais contre ce projet : Bouygues doit en tenir compte et l'abandonner », estime-t-il. Il évoque aussi des dents creuses et des bâtiments autrefois à vocation médicale, aujourd'hui abandonnés, qui pourraient être transformés en logements.
Maryse Cachenaut, présidente de Lurzaindia, précise la position des opposants : « Nous ne sommes pas opposés à la production de logements, mais elle ne doit pas se faire en sacrifiant les terres agricoles. » Elle compte sur la modification du Plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) pour classer ces terres, rendues constructibles en 2019, « en réfléchissant à la densification et à la production agricole ». Selon elle, les mondes économique, du bâtiment et de l'agriculture ne doivent pas s'opposer mais réfléchir ensemble.
Source : Sud Ouest