Chabanais : deux hommes condamnés après une expédition punitive

| Faits divers et sécurité

Deux hommes ont été condamnés jeudi à de la prison ferme pour avoir violenté un troisième à Chabanais, le 26 octobre. Tous deux restent en détention.

À la présidente qui lui demandait pourquoi, Alexis N'Diaye a répondu : « Parce que j'ai pas de cerveau, parfois. » Le matin des faits, il s'était rendu avec son ami Alexis Langlois devant le domicile d'une connaissance. « Ce sont des choses stupides, je suis prêt à aller en prison », a-t-il ajouté. La procureure, Jodie Ferré, a jugé l'excuse de la stupidité un peu facile.

Des mobiles évoqués au dossier

Le dossier suggère d'autres motifs. Quelques jours plus tôt, la victime avait porté plainte après avoir essuyé des tirs à Chabanais. Il n'avait pas désigné les deux prévenus comme les tireurs, un troisième homme étant en cause, mais il les avait cités dans la procédure. « Il a aussi été dire à un gars que j'avais couché avec sa femme », a admis Alexis N'Diaye.

Le 26 octobre, les deux hommes se sont présentés chez la victime et l'ont secoué en le traitant de « balance » et de « poucave ». Alexis N'Diaye l'a serré fort au niveau du cou et lui a cassé une côte, pendant que son complice filmait.

La victime a porté plainte dans la journée. Le soir, il a reçu une nouvelle visite d'intimidation. Il s'est caché et ses agresseurs ont fait demi-tour. « Heureusement qu'on ne l'a pas vu car on l'aurait tapé et ça aurait été encore plus grave », a reconnu Alexis N'Diaye, qui souffre de schizophrénie et est accro à la cocaïne. Apeurée, la victime a dormi dehors puis a déménagé.

Alexis N'Diaye a été interpellé le soir même. Alexis Langlois l'a été un peu plus tard, caché dans une cabane au bord d'un étang.

Les peines

Alexis N'Diaye, qui compte quatre mentions au casier judiciaire, a été condamné à 20 mois de prison dont dix avec sursis probatoire. S'y ajoutent quatre mois issus de la révocation d'un précédent sursis, soit 14 mois ferme.

Son complice, sans emploi ni logement, a écopé de 12 mois dont six avec sursis, soit six mois ferme.

Source : Charente Libre