Île de Ré : la PME du pastis cessera son activité fin décembre

La SARL Le pastis de l’île de Ré, installée à Rivedoux-Plage, cessera son activité le 31 décembre 2026. Ses deux associés, Didier Dorin et Élodie Nardèse, présents dans l’entreprise depuis 2015, ont pris cette décision faute de repreneur : la société est à vendre depuis deux ans, sans acheteur.
Tout part de 2014. Didier Dorin produit des plantes aromatiques et médicinales à Sainte-Soulle et dispose déjà du matériel nécessaire. Il lui suffit d’aller cueillir du fenouil sauvage sur l’île de Ré pour la saveur anisée, puis de mettre au point une recette, aujourd’hui gardée secrète. Le résultat est une version rétaise et qualitative du « pastaga » provençal. Les 600 premières bouteilles millésimées arrivent sur le marché à l’occasion des vacances de Pâques, et le produit séduit tout de suite.
Jusqu’à 12 000 bouteilles par an
La société voit le jour l’année suivante : Didier Dorin s’occupe de la production, Élodie Nardèse du développement et du marketing. Une partie des hôteliers et restaurateurs de la région met en avant ce produit local. L’image de l’île attire aussi la clientèle qui la fréquente en saison, venue de Paris, de la moitié nord de la France, d’Allemagne et d’autres pays d’Europe du Nord.
Avant la crise du Covid-19, l’entreprise a écoulé jusqu’à 12 000 bouteilles par an, en France comme à l’étranger. Depuis, les ventes se sont stabilisées autour de 8 000. Le pastis est référencé par le réseau Biocoop et compte de nombreux ambassadeurs. « Les retours sont très bons et on a de véritables passionnés de notre pastis », dit Didier Dorin.
La concurrence reste pourtant rude pour une PME qui ne fabrique qu’un seul produit, n’emploie qu’un salarié et dispose de peu de moyens pour prospecter, arbitrer sur sa stratégie et investir. Les deux associés mènent en outre d’autres activités, chacun de son côté. Didier Dorin préside notamment la coopérative Biolopam, à Sainte-Soulle, spécialisée dans les plantes à parfum, aromatiques et médicinales, qui compte désormais 27 adhérents.
Matériel cédé, local rendu
La recherche d’un repreneur a débuté dès 2024. Plusieurs candidats ont été reçus, mais les garanties de préserver l’esprit initial, c’est-à-dire des produits locaux, bio ou naturels et de qualité, n’étaient pas toujours au rendez-vous. L’affaire ne s’est pas conclue, bien que l’activité demeure rentable. Ces derniers mois, le matériel de production a été vendu et les clés du local de Rivedoux ont été rendues au propriétaire.
Un entrepreneur capable de mobiliser l’outil de production adéquat peut encore se signaler d’ici la fin de l’année pour poursuivre l’aventure. Le simple rachat de la recette, pour une exploitation ultérieure, n’est pas exclu non plus.
Source : Sud Ouest