Nice : directrice d'école agressée, enquête pour tentative de meurtre

| Faits divers et sécurité

Une école de Nice a été le théâtre lundi matin d'une agression : une mère d'élève y a frappé la directrice et une enseignante, une arme à feu et un couteau à la main. Le parquet a ouvert une enquête pour tentative de meurtre.

L'école et ses responsables sous le choc

Le recteur de l'académie, Emmanuel Roux, s'est déplacé pour soutenir le personnel. Il a annoncé qu'une équipe académique de sécurité était mobilisée et qu'un accompagnement psychologique serait mis en place.

Le maire de Nice, Éric Ciotti, est venu dans l'établissement dans la matinée. Il a dénoncé une agression « d'une violence inouïe et particulièrement grave ». Selon lui, aucun élève n'a assisté à la scène.

Devant l'école, des mères d'élèves ont dit du bien de la maîtresse agressée et de la directrice.

Une heure dans le bureau, d'après le procureur

Le récit des faits vient d'un communiqué du procureur de Nice, Damien Martinelli. Vers 9 heures, la femme se présente à l'accueil et réclame un entretien urgent avec la directrice. Dans le bureau, elle aurait pointé une arme à feu vers elle et l'aurait accusée d'agressions sexuelles dont l'un de ses enfants aurait été victime.

Viennent ensuite des gifles, des cheveux tirés, puis un coup au visage avec l'arme. Elle aurait aussi appuyé sur la détente, sans qu'aucun coup ne parte, en disant n'avoir que deux balles. Un couteau aurait terminé sur la joue de la directrice. La femme serait restée environ une heure dans la pièce.

En sortant, elle croise une enseignante, lui répète les mêmes accusations et la gifle. Elle pointe l'arme vers elle après l'avoir actionnée, puis elle quitte l'école.

La suspecte, en garde à vue

Âgée de 36 ans, la suspecte a deux enfants scolarisés dans cette école proche du centre-ville. Les policiers l'ont interpellée peu après à son domicile. Sa garde à vue a été prolongée. Elle conteste tout fait de violences.

Elle dit avoir la double nationalité tunisienne et italienne et exercer comme aide-soignante. Le parquet indique qu'elle a déjà été condamnée à deux reprises, notamment pour des violences avec arme en 2019.

La perquisition chez elle n'a pas permis de retrouver l'arme de poing. L'enquête, confiée à la police judiciaire de Nice, est ouverte notamment pour tentative de meurtre sur une personne exerçant une mission de service public.

Des menaces de parents déjà jugées ailleurs

Ces dernières semaines, deux parents d'élèves ont été condamnés à de la prison ferme pour des menaces de mort contre des enseignants, près de Toulouse et de Bordeaux. Au Fauga, près de Toulouse, un père a écopé le 10 septembre de six mois ferme pour avoir menacé une enseignante de l'école de son fils.

Une semaine plus tard, le tribunal de Bordeaux a prononcé douze mois, dont six avec sursis, contre un père d'élève, pour des menaces de mort et des violences sur un surveillant et sur la principale du collège d'Eysines.

En Gironde encore, un parent doit être jugé en mars pour des menaces de mort contre une enseignante d'une école élémentaire de Talence.

Notre regard

Pour l'instant, toute la scène repose sur le communiqué du procureur, et la suspecte nie les violences. L'arme n'ayant pas été retrouvée, ce que la police judiciaire réunira comme éléments pèsera lourd, sur la suspecte comme sur ses accusations visant le personnel. Le rectorat devra aussi préciser comment l'équipe de sécurité annoncée sera déployée.

Source : SudOuest.fr

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