Pont-l'Évêque : 24 filets pour recenser les poissons du lac

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Du 21 au 23 septembre 2026, une équipe de six scientifiques a travaillé dans le lac de Pont-l'Évêque, dans le Calvados. Sa mission : compter les poissons du plan d'eau avec des filets spécifiques. L'opération a été menée par le cabinet Hydrosphère, basé à Paris.

« L'Europe demande à tous ses États membres un suivi des grands plans d'eau, via sa directive Cadre », explique l'hydrobiologiste Jacques Loiseau. Ce comptage était autrefois confié à l'Office français de la biodiversité. Le précédent remonte à une quinzaine d'années. Celui-ci sera valable pour la période 2025-2029.

Vingt-quatre filets sur deux nuits

Les filets ont été posés sur deux nuits, dans des zones aux végétations et aux profondeurs différentes. Une douzaine de couches d'épaisseurs variées sont empilées sur 1,50 m et retiennent les poissons selon leur taille. « Le poisson se prend dedans et en général, c'est létal », concède Jacques Loiseau. Les plus gros, capables de se reproduire, sont démaillés quand c'est possible.

L'opération porte sur environ un millième de la biomasse. Elle a peu de conséquences sur l'ensemble de la population. « L'objectif, c'est de diagnostiquer, pas d'avoir une influence sur le diagnostic », précise l'hydrobiologiste.

Une reproduction très mauvaise

Les résultats bruts ne sont pas encore analysés. Selon les premières observations de terrain, « la reproduction a été très mauvaise pour la plupart des espèces cette année ». Explication avancée : des conditions climatiques extrêmes.

Sur une période plus longue, les équipes constatent que « le plan d'eau est en train de s'enrichir ». Le lac est réputé chez les pêcheurs pour ses brochets. Le rotengle y est beaucoup moins abondant qu'avant. Le sandre, arrivé il y a cinq ans, se reproduit bien. La population de carpes est substantielle, même si peu d'individus ont été capturés.

Depuis deux ans, le lac connaît aussi des cyanobactéries en plein été. D'après Jacques Loiseau, elles peuvent causer une mortalité chez les poissons, mais c'est d'abord le symptôme d'eaux trop enrichies ou de conditions météo difficiles. L'inventaire pourrait permettre de chercher des liens entre bactéries et poissons.

Les acteurs du plan d'eau pourront adapter sa gestion aux résultats, par exemple en préservant de la pêche une partie du lac plus favorable à une espèce. Les données seront publiées dans les prochains mois, dans une note de synthèse puis sur la plate-forme en ligne dataecla.

Source : actu.fr

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