Tonnay-Charente : 2 000 ans de cartes d’Aunis et de Saintonge

| Patrimoine et histoire

Le 22 octobre, le club d’Histoire de Tonnay-Charente a reçu Thierry Bouyer pour une conférence sur 2 000 ans de représentations de l’Aunis et de la Saintonge. Géomètre retraité, passionné d’histoire locale et de cartographie, il a projeté et commenté 22 cartes, qui sont la base de son ouvrage « Cartographie d’Aunis et Saintonge ».

Des Romains à Cassini

La plus ancienne carte vient de la Table de Peutinger, qui figure le réseau routier de l’Empire romain sur onze parchemins. Chacun mesure 30 centimètres de haut sur 1 mètre de large. La représentation n’est pas réaliste : seules les distances et quelques repères, comme les villes, les chaînes de montagnes et les forêts, y sont indiqués. « Pour les Romains, seul importait de savoir comment aller d’un point à un autre », explique Thierry Bouyer.

Au fil des cartes, le conférencier a montré comment les tracés gagnent en précision selon les besoins de ceux qui les commandent. La première carte marine date d’environ 1580 et a été établie par le Hollandais Lucas Jansz Waghenaer. La carte de Christophe Tassin, ingénieur et géographe du roi, date de 1634. Elle a été faite à la demande de Richelieu et avait une vocation militaire : localiser les capitaineries.

Les premières cartes grand public apparaissent entre 1756 et 1815 avec les cartes de Cassini. Ce sont des cartes topographiques au 1/80 000, ancêtres des cartes de l’IGN au 1/25 000.

Tonnay-Charente en Aunis

Thierry Bouyer a illustré chaque explication par un gros plan sur « Tonne-Charente » et la « Xaintonge », orthographes qui deviennent Tonnay-Charente et Saintonge au milieu du XVIIe siècle.

L’étude des cartes montre que Tonnay-Charente se situe en Aunis, et non en Saintonge. Les deux provinces sont séparées par le canal de la Daurade, qui marque cette frontière. Sur la carte de Claude Masse de 1704 (le carré 22, première acquisition de Thierry Bouyer en 2011), le canal est désigné comme « ancien chenal qui fait la séparation de l’Aunis et de la Saintonge par où s’écoule partie des eaux de Surgères ».

Source : Sud Ouest