D24 : des riverains inquiets entre Barbezieux et Challignac

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Sur la D24, entre Barbezieux et Challignac, des riverains ont compté neuf accidents en dix-huit mois. Aucune victime grave n'est à déplorer pour l'instant. Les habitants s'inquiètent pourtant de la suite, alors que le Département, les élus et la gendarmerie ne font pas le même état des lieux.

Patricia et Jean-Claude Bonneau habitent une villa à la sortie de Barbezieux, au début de la route qui rejoint Montmoreau. Le 17 septembre, à 1 h 30 du matin, une voiture a défoncé le muret de leur propriété. Le conducteur n'a rien eu de grave. Le muret, lui, doit être reconstruit pour la quatrième fois en 25 ans.

Le couple a prévenu les élus locaux. Le maire, Vincent Renaudin, répond que cette route relève du Département et non de la commune. Un talus a été posé pour protéger le muret. Cette fois, selon les riverains, il a servi de tremplin à l'automobiliste.

Des vitesses jugées élevées

À l'entrée de Challignac, Didier Gravelle a compté sept accidents en dix-huit mois à hauteur de son ancien moulin, en contrebas de la route. Des véhicules ont fini dans sa cour. Son fils n'a plus le droit d'y jouer.

Il décrit un tronçon sans limitation de vitesse, donc limité à 90 km/h malgré de nombreux virages. Il note une hausse de la circulation, qu'il relie à l'agrandissement de la déchetterie de Poullignac, aux artisans du secteur et aux céréaliers. Les applications GPS recommandent aussi cet itinéraire pour Aubeterre.

Il a écrit à la sénatrice Nicole Bonnefoy, également vice-présidente du Département. Elle a transmis à Brigitte Fouré, élue chargée des infrastructures. Celle-ci assure que les services étudient le renforcement du mur de soutènement sur sa propriété. Pour la portion en amont, sur la commune de Salles-de-Barbezieux, elle n'a reçu aucune remontée particulière. « Des maires qui estiment des vitesses excessives, il y en a beaucoup, on ne peut pas faire des aménagements partout », dit-elle.

Le ressenti face aux chiffres

Michel Varenne, maire de Salles-de-Barbezieux, indique qu'un radar pédagogique avait été posé sur cette portion. Les excès majeurs y étaient « très rares ». Hugues Morvan, du lycée agricole Félix-Gaillard qui borde l'axe, confirme le caractère très roulant de la route. Les automobilistes ont tendance à doubler à cet endroit, au premier semblant de ligne droite après Barbezieux. Il relève des contrôles réguliers de la gendarmerie.

Le major Dion, commandant de la communauté de brigades, ne place pas cette route dans son viseur. Les vitesses relevées dépassent rarement la limite de plus de quelques kilomètres par heure. Ses services ne sont intervenus que deux fois entre 2025 et 2026 pour des accidents sur ce tronçon, mais ils ne sont pas appelés à chaque fois, notamment pour les dégâts matériels.

Source : Charente Libre