Hennessy voit « plus d’éclaircies » et espère un plateau

Charles Delapalme, président de la maison Hennessy, a dressé à Cognac un bilan prudemment optimiste de l’année 2026. « Il y a un an, je vous avais dit qu’il y avait beaucoup de nuages et peu d’éclaircies. Cette année, les nuages sont toujours là mais il y a eu plus d’éclaircies », a-t-il déclaré.
Sur les neuf derniers mois, le chiffre d’affaires organique du négociant a progressé de 5 %. Charles Delapalme dit « espérer être arrivé à une forme de plateau ». Les ventes d’Hennessy avaient reculé de 27 % en cinq ans, d’après les chiffres publiés par LVMH. « On peut se féliciter de revoir un peu de croissance », glisse-t-il.
L’Asie et l’Afrique tirent, les États-Unis restent en berne
La reprise est plus nette en Asie, en Chine et à Singapour notamment, où le retour du duty free a aidé. Le continent africain reste « un moteur ». Les États-Unis, premier marché de la maison, sont encore en berne, plombés par l’inflation et les taxes.
Un produit a pourtant trouvé son public outre-Atlantique : le cocktail « prêt à servir » à base de cognac VS, testé cet été. Il se vend 16 dollars, en bouteilles de 37,5 centilitres, déclinées en trois versions. « Les gens se sont précipités pour l’essayer », assure le patron d’Hennessy. Il reste discret sur le nombre de bouteilles vendues. La production était limitée, et la maison a été « en rupture tout l’été ».
Pour 2027, Hennessy prévoit de doubler les volumes de ses « Very Special Cocktails » aux États-Unis et de les proposer aussi en France, notamment à la boutique de Cognac.
La maison veut également « reprendre la parole ». Une campagne de communication sur le cognac XO doit démarrer en Asie à la fin du mois, « dans un style particulier, pour transmettre nos valeurs et une émotion ». Une autre est prévue en France, où la loi Évin la limite, sur « un marché qu’on n’abandonnera jamais ». Charles Delapalme a aussi annoncé l’ouverture au public de la halle Oudin d’ici 2030.
Une crise qui n’est pas terminée
Pour 2027, le dirigeant se dit « optimiste » et parie sur la même trajectoire, tout en restant mesuré. « Ces signaux positifs ne signifient pas qu’on a passé le plus dur de la crise. Il faut rester prudent car la situation est fragile, avec l’inflation, les droits de douane aux États-Unis et en Chine et les niveaux de stock toujours très hauts », dit-il, en ajoutant qu’il faudra les écouler rapidement en relançant l’activité.
Le négociant poursuit sa politique de non-remplacement des départs à la retraite, sans plan de licenciement. Il entend aussi accompagner ses partenaires viticulteurs : cette année encore, il maintient le prix d’achat des eaux-de-vie et respecte les contrats. « Aujourd’hui, ils font le dos rond mais ils ne tiendront pas cinq ans », lance Charles Delapalme.
Il compte profiter du changement de mandature à l’interprofession, en fin d’année, pour mettre sur la table « tous les sujets de discussion » de la filière : rendement, taille du vignoble, évolution du cahier des charges. « Il faut réfléchir au pilotage de notre région pour les années à venir », estime-t-il.
Source : Charente Libre