Erquy : près de 900 kg de coquilles saisis sur un coquillier

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Un coquillier a pêché le double du quota autorisé de coquilles Saint-Jacques, selon la gendarmerie maritime. Elle a saisi à Erquy, jeudi 5 novembre, 869 kg de coquilles entières et 39 kg de noix décortiquées, alors qu'une partie de la pêche avait été jetée en mer.

Un navire à 1,6 million d'euros saisi

Le navire, estimé à 1,6 million d'euros, est saisi administrativement. Les coquilles pêchées illégalement, d'une valeur de 5 650 euros, le sont aussi.

Le patron du navire et les trois matelots sont libres depuis l'intervention. Ils seront entendus lundi par la gendarmerie maritime de Saint-Malo. Les poursuites visent le surquota, la dissimulation, l'entrave à l'observation et la mutilation, terme qui désigne ici le fait de décortiquer des noix sans autorisation.

Les quantités surpêchées font soupçonner à la gendarmerie maritime un circuit de revente organisé, en marge du commerce légal. Reste à l'enquête de confirmer un éventuel réseau.

869 kg dans les cales, des sacs à l'eau

Les gendarmes ont trouvé 869 kg de coquilles entières cachées dans les cales. Deux sacs de noix décortiquées flottaient dans l'eau, et un plongeur de la gendarmerie en a retrouvé cinq autres, immergés. Le total atteint 39 kg de noix.

Cette cargaison illégale équivaut à une pêche de plus d'une tonne. Le major Paris, commandant de la gendarmerie maritime de Saint-Malo, parle d'un total au double du quota autorisé.

« On n'a rien contre le patron ciblé », assure-t-il. Selon lui, il s'agit de calmer les ardeurs d'autres pêcheurs et de préserver la ressource, ce qui va aussi dans le sens des pêcheurs.

Une filature depuis la mer et depuis la terre

L'opération fait suite à des mois d'investigations. Les gendarmes avaient réuni renseignements et indices avant d'agir. Dès le mercredi soir, ils ont pisté le bateau, alors en train de pêcher dans l'Ouest Cotentin, un secteur où il avait le droit d'exercer.

Le but était de le contrôler à son retour à Erquy, son port de base. Deux officiers de police judiciaire guettaient à terre, en voiture banalisée, pendant qu'une vedette restait au large.

Fuite de l'équipage et cargaison jetée

À l'arrivée à Erquy, l'équipage a d'abord débarqué le quota autorisé dans le secteur, 1,2 tonne par jour et par bateau, puis est parti en voiture. Pour le major Paris, ces hommes ont dû repérer le dispositif et préparer leur fuite. Il voit dans le fait qu'ils aient fermé le bateau l'intention d'échapper au contrôle.

Le parquet de Saint-Brieuc a autorisé une enquête en flagrance. Les gendarmes ont joint l'armateur : soit le commandant du bateau revenait, soit la gendarmerie viendrait le chercher.

Le patron est finalement revenu au port et a rejoint le navire en annexe, discrètement. Selon le major Paris, qui l'a vu, il s'est débarrassé d'une partie de la cargaison avant l'arrivée de l'équipe d'intervention en zodiac.

Source : France 3 Bretagne

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