Landes : 55,6 % de participation au dépistage du cancer du sein

Au Médipôle de l'aérodrome, à Dax, la salle d'attente ne désemplissait pas le lundi 26 octobre. Des femmes de 50 à 74 ans y passaient une mammographie dans le cadre d'Octobre rose, la campagne annuelle de sensibilisation au dépistage du cancer du sein. Dans les Landes, près de 40 000 femmes sont concernées par ce dispositif.
Patricia Lagardère, 64 ans, passe cet examen régulièrement depuis la découverte d'un adénome fibromateux au début des années 1990. Elle avait senti une petite boule lors de la palpation, et avait alors gardé le diagnostic pour elle afin de ne pas inquiéter ses proches. Aucune alerte depuis l'opération. « Plus le cancer est diagnostiqué tôt, plus les chances de guérison sont élevées », témoigne-t-elle. Elle est suivie par le docteur Bocchialini, l'un des pionniers du dépistage du cancer du sein dans les Landes il y a trente ans.
Une anomalie pour 90 patientes sur 1 000
Sur 1 000 patientes dépistées, les radiologues détectent une anomalie chez environ 90 d'entre elles. Dans sept cas, il s'agit d'un cancer. « C'est un examen qui rassure », estime le docteur Bocchialini. Quand une anomalie apparaît dès la première lecture, un bilan est réalisé immédiatement avec des examens complémentaires. Dans le dépistage organisé, toutes les mammographies sont aussi relues par un second radiologue, afin d'« augmenter le taux de détection ».
Le docteur Bocchialini voit deux grandes évolutions : le numérique et la tomosynthèse. Cette dernière réalise des coupes successives du sein pour en obtenir une représentation en trois dimensions. Les radiologues complètent la mammographie par un examen clinique, étape « très importante ». Cette prise en charge globale a poussé le docteur Manse-Giacomoni à se spécialiser en sénologie.
Là où il n'y a pas de centre d'imagerie
Dans les Landes, le taux de participation atteint 55,6 %, soit dix points de plus que la moyenne nationale. Des disparités subsistent dans le département. « Là où il n'y a pas de centre d'imagerie, le taux baisse de manière importante. Les problèmes de mobilité, ainsi que les départs à la retraite de médecins non remplacés, expliquent aussi cela », analyse Sandra Demay, responsable du Centre de dépistage des cancers dans les Landes.
L'objectif national est de 70 % de participation. Pour l'atteindre, la politique dite « d'aller vers » doit s'intensifier. Le docteur Bocchialini est favorable à un bus itinérant, tout en citant d'autres freins, socio-économiques notamment : l'information, « il faut la recevoir, l'intégrer, puis faire la démarche ».
Des études sont en cours pour personnaliser davantage le parcours de soins et, à terme, envisager un éventuel élargissement de la tranche d'âge concernée par le dépistage.
Source : Sud Ouest