Pure Salmon : nouvelle mobilisation de Royan au Verdon-sur-Mer

| Environnement et cadre de vie

Le dimanche 18 octobre, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées sur la plage de Foncillon, à Royan, avant d'embarquer sur le bac pour rejoindre le Verdon-sur-Mer, en Gironde. Venus des deux rives de l'estuaire, les manifestants s'opposent au projet de ferme aquacole de saumons porté par l'entreprise Pure Salmon. Cette mobilisation intervient quelques semaines après le dépôt de deux recours devant la cour administrative d'appel de Bordeaux.

Un élevage à terre de grande taille

Le projet prévoit une installation de 75 000 mètres carrés, avec de grands bassins à terre fonctionnant en circuit fermé, pour une production annuelle pouvant atteindre 10 000 tonnes de saumon. Il est porté par une multinationale détenue par un fonds d'investissement singapourien. Les opposants y voient un non-sens écologique et un problème de bien-être animal : selon le porte-parole d'un groupe local écologiste, les alevins viendraient de Norvège, l'alimentation du golfe de Guinée, et l'eau puisée dans la nappe devrait être maintenue à température, au prix d'une forte dépense d'énergie.

Pêcheurs et ostréiculteurs partagent ces craintes. Chaque jour, 6 500 mètres cubes d'eau seraient prélevés dans les nappes avant d'être rejetés dans l'estuaire de la Gironde, présenté comme le plus vaste d'Europe et comme une nurserie pour le bar et la sole. Ce sont surtout ces rejets qui inquiètent.

Des avis favorables et des recours en cours

En mars, la commission d'enquête publique a rendu un avis favorable, suivi en juillet par celui du conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques. La préfète de la Gironde a mis en avant la reconversion d'une friche portuaire, la création de 250 emplois directs et une production nationale d'un poisson aujourd'hui importé à 99 %. Les associations, qui contestent aussi l'implantation sur un site classé Natura 2000, entendent maintenir la pression. Les décisions de justice sont attendues au printemps 2027.

Source : France 3 Nouvelle-Aquitaine