À Royan, des ateliers offerts aux aidants avec Pens’aidants

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Un mardi matin à Royan, la sophrologue Pascale Rabo ne reçoit que deux participantes à son atelier. Une troisième s’est décommandée. « Ça a du mal à démarrer, cette année… Je pense que ça tient aux difficultés de ces personnes à prendre du temps pour elles », dit-elle. Ces personnes sont les « aidants » : celles et ceux qui assistent au quotidien un proche âgé ou malade, ou les deux.

Un programme gratuit, lancé en avril 2025

L’atelier fait partie de Pens’aidants, un programme proposé par le service « santé » de la Ville de Royan depuis avril 2025. Il décline le programme Pensa (« Préservons ensemble notre santé »), apparu à Royan en 2009 sous le nom de « Programme prévention santé et nutrition des seniors actifs » et expérimenté dans plusieurs villes de France. Pens’aidants prend encore ses marques. Le service a déjà identifié et mobilisé 75 aidants.

Ses objectifs : accompagner les aidants dans leur rôle, les encourager à préserver leur santé pour éviter l’épuisement, et favoriser les échanges pour limiter les risques d’isolement. Les ateliers sont offerts. Certains permettent de « prendre soin de soi » : sophrologie, réflexologie pour la « régulation des émotions », médecine naturelle pour « retrouver un meilleur sommeil, réduire le stress et libérer les énergies de façon positive ». D’autres informent, sur la nutrition ou sur les douleurs et les médicaments.

Deux participantes racontent

Anne-Marie, 79 ans, ancienne professeure de sciences, prévient qu’elle est « très cartésienne » et n’accroche pas à la sophrologie, découverte lors d’une séance précédente. Elle est pourtant revenue, avec Simone, 71 ans. La sophrologie est une méthode de relaxation fondée sur le contrôle de la respiration et la « visualisation positive ».

Les deux femmes ont un point commun : leur mari vit désormais en Ehpad. Anne-Marie s’y est résolue parce qu’elle s’était épuisée. « On sombrait tous les deux… Il y avait urgence. C’est mon entourage qui m’a alertée. Ma fille m’a dit qu’on était en danger tous les deux, mon mari et moi. » Le mari de Simone est malade depuis six ans. « Je n’étais plus capable de rien. Même pas de regarder la télé », raconte-t-elle.

Toutes deux sont devenues aidantes sans se définir comme telles. « Les aidants se voient d’abord comme la conjointe ou le conjoint, ils n’ont pas le sentiment d’aider », confirme Pascale Rabo. Aidées par leurs proches, elles ont fini par se reconnaître dans ce mot et dans ce qu’il implique de stress, de fatigue, d’oubli de soi. Elles ont recommencé à vivre aussi pour elles.

Les renseignements sur Pens’aidants se trouvent sur ville-royan.fr/pens-aidants ou auprès du service « santé » au 05 46 39 56 67.

Source : Sud Ouest