Saintes : trois Royannais condamnés pour s'être fait justice

Trois hommes de Royan ont été condamnés vendredi 30 octobre par le tribunal judiciaire de Saintes. Âgés de 23 à 51 ans, ils comparaissaient en comparution immédiate pour violence aggravée et destruction du bien d'autrui. Primo-délinquants, ils évitent la détention : ils purgeront leur peine ferme sous bracelet électronique.
Les faits remontent au 16 octobre. Un père de 51 ans, son fils de 29 ans et un ami de 23 ans se rendent sur un camp à Médis pour s'expliquer avec un homme qui, selon le plus jeune, avait tiré des coups de fusil en l'air dans leur camp la veille, entre 20 heures et 6 heures du matin. Cet homme a aussi été le compagnon de la nièce du quinquagénaire, qui affirme qu'il l'a « mal traitée ».
Un coup de carabine dans la portière
Sur place, ils le trouvent dans sa voiture, en train de fumer de la cocaïne. Il se saisit de son fusil et vise le plus jeune, mais le coup ne part pas. Le père prend alors la carabine à l'arrière de la voiture et tire dans le bas de la portière. La victime reçoit une quinzaine de plombs dans les deux bras et s'enfuit dans la forêt. Une témoin prévient les gendarmes.
Pendant ce temps, le trio s'en prend à coups de masse à un Renault Trafic, une Renault Clio et une caravane. « C'est la colère qui a parlé », résume l'aîné. Le plus jeune, père de cinq enfants, dit avoir eu peur pour sa famille.
La présidente de l'audience, Karima Djemali, leur demande pourquoi ils n'ont pas appelé les gendarmes, comme la témoin. « Oui mais c'est une femme », répond le quinquagénaire, ce qui provoque des sourires chez les trois magistrates. Casiers vierges, les trois prévenus disent regretter leurs actes. « Promis, la prochaine fois, on appellera le 17 », lance l'un d'eux.
Des peines sous les réquisitions
Le procureur de la République, Benjamin Alla, estime que « la justice ne peut pas admettre que ça se règle comme ça ». Il requiert quatre ans, dont deux avec sursis probatoire, contre chacun des trois, avec maintien en détention. Les avocats de la défense ne comprennent pas ces réquisitions. Ils soulignent le profil dangereux de la victime, qui doit elle-même être inquiétée pour les faits qu'elle a commis.
Le tribunal retient la culpabilité mais prononce des peines bien moindres : deux ans dont un an avec sursis simple pour le quinquagénaire, dix-huit mois dont neuf avec sursis simple pour l'un, un an dont six mois avec sursis simple pour l'autre.
Source : Sud Ouest