Un ancien AESH décrit le malaise de sa profession

Les accompagnants d'élèves en situation de handicap, les AESH, sont rarement au centre des discussions. Un ancien accompagnant, Félix Rouleaud, a choisi d'en parler dans une tribune publiée par Midi Libre. Il y décrit un « malaise AESH ».
Une parole venue du terrain
Félix Rouleaud vit à Montpellier. Il a été AESH pendant six ans. Son texte est une tribune : il exprime son point de vue, et non une enquête. Il publie par ailleurs un livre sur le sujet le 5 novembre.
Il reprend l'expression de « malaise enseignant », employée depuis les années 1980, puis reprise à propos des étudiants depuis les mobilisations lycéennes. Il l'applique à ces personnels dont on parle selon lui trop peu et dont « l'utilité n'a d'égale que la précarité ».
Ce qu'il reproche aux conditions de travail
Les AESH sont presque exclusivement des femmes. Leur rôle est de favoriser l'autonomie des élèves suivis. Selon l'auteur, leurs conditions de travail sont dégradées sur le plan matériel, professionnel et quantitatif. Elles peinent parfois à trouver une chaise en entrant en classe. Elles ne reçoivent que 60 heures de formation et manquent de collègues.
Il ajoute que les enseignants et les chefs d'établissement ne sont formés ni au handicap ni au travail avec elles. Les accompagnantes se retrouvent alors à suivre des élèves à besoins particuliers, parfois aux difficultés très lourdes, sans en avoir les compétences. Elles doivent gérer à la fois les élèves qui leur sont affectés et ceux qui devraient être accompagnés sans l'être.
Des départs et un texte de loi
Selon la tribune, 31 % des AESH ont quitté l'Éducation nationale entre 2021 et 2025. L'auteur y voit la conséquence de ce malaise. Il juge aussi que l'inclusion en classe ordinaire perd son sens si les besoins des élèves ne sont pas pris en compte.
Il évoque le 29 octobre. Ce jour-là, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture une proposition de loi visant à créer un corps de fonctionnaires de catégorie B. Pour lui, ce texte constituerait une avancée dans la reconnaissance du métier. Les AESH manifestent régulièrement devant les rectorats pour obtenir un vrai statut de fonctionnaires.
Sa proposition
La solution passe, écrit-il, par une formation obligatoire des enseignants et des chefs d'établissement au handicap et au travail avec les AESH. Elle les obligerait à les prendre en compte. Ce qui manque le plus, à ses yeux, c'est la reconnaissance professionnelle par les équipes pédagogiques, ainsi qu'une meilleure coordination.
La précarité financière et le statut comptent, admet-il. Mais « rien ne surpassera la reconnaissance de nos pairs et de notre hiérarchie ».
Notre regard
La tribune reflète le vécu d'un ancien accompagnant et ne remplace pas des données d'ensemble. Le texte de loi n'est adopté qu'en première lecture : la suite du parcours reste à suivre. Les attentes en matière de formation et de coordination pourraient peser dans le débat.
Source : Midi Libre