À Royan, un casque de réalité virtuelle contre la peur de l'IRM

Entre 5 et 10 % des patients ressentent de l'anxiété ou de la claustrophobie devant une IRM. À Royan, une hypnothérapeute leur propose un casque de réalité virtuelle pour apprivoiser l'examen.
Quand le corps s'emballe malgré la raison
Le patient sait très bien que le décor est factice. Son corps réagit pourtant : l'amygdale, rattachée au cerveau primitif, répond aux images comme à une vraie menace. Le pouls monte, la transpiration augmente.
Il reste maître de la séance : s'il se sent submergé, il lui suffit d'enlever le casque.
Le psychiatre Olivier Dubois, directeur des Thermes de Saujon, décrit ce qui change avec la répétition. Dans un cadre rassurant et sans événement négatif, le cerveau se déconditionne. « L'association automatique entre la situation et le signal de danger s'efface progressivement », note-t-il.
Une peur fréquente face à un examen parfois décisif
Pour certains, se glisser dans un tube étroit tient du cauchemar. Les IRM ouvertes restent assez rares en France. Ces patients recourent souvent à la poire d'appel, une sonnette qui permet de sortir de l'appareil à tout moment.
Le souci apparaît quand l'examen est essentiel pour comprendre la pathologie.
Une exposition graduelle, avec un casque loué
Sandrine Winckler, hypnothérapeute et praticienne certifiée, voit régulièrement des personnes qui refusent l'IRM à cause de cette peur. Sa méthode relève des thérapies comportementales et cognitives. Elle confronte la personne à la situation qui l'angoisse, étape par étape et de manière contrôlée, grâce à un environnement en trois dimensions.
Elle a investi dans un casque de réalité virtuelle qu'elle loue à C2Care, une start-up française de santé numérique et de thérapie par exposition en réalité virtuelle.
Un passage unique ne suffit pas. « Le cerveau doit enregistrer la situation comme étant familière et sans risque », souligne la praticienne, qui a informé les radiologues des environs de l'existence de cette solution.
La même logique pour d'autres phobies
Selon Sandrine Winckler, ce qui existe pour l'IRM existe aussi pour la peur de l'avion ou de l'ascenseur. Une phobie naît généralement d'une combinaison de facteurs psychologiques, environnementaux et biologiques. Une peur utile devient alors une anxiété pathologique, parfois handicapante.
Notre regard
L'objectif est concret : réussir à passer un examen jugé essentiel sans l'interrompre. Mais le témoignage émane d'une seule praticienne, et aucun résultat mesuré ni tarif de séance n'est indiqué. Les retours des patients passés ensuite en IRM, ou une évaluation indépendante, diraient si la préparation tient ses promesses.
Source : SudOuest.fr