Meurtre d’Agathe Hilairet : reconstitution à Vivonne

| Faits divers et sécurité |

Le meurtre de la joggeuse Agathe Hilairet a été reconstitué mercredi à Vivonne, dans la Vienne. Le principal suspect, mis en examen, y a maintenu une version qui met en cause deux tiers.

Une reconstitution dans une zone boisée

Agathe Hilairet avait 28 ans. Cette adepte de trail avait disparu en avril 2025 dans une zone boisée au sud de Poitiers. Son corps a été retrouvé quelques semaines plus tard.

Mercredi, le mis en examen a pris part à la reconstitution. Me Jean Chevais, avocat des parents de la victime, y voit une « répétition de tout ce qui s’est passé ». Il se dit satisfait d’avoir fait le tour de l’affaire.

Deux versions successives

En septembre 2025, le suspect avait 59 ans. Lors de sa mise en examen, il avait admis avoir porté deux coups à la jeune femme, sans avoir voulu la tuer. Cet ouvrier agricole habite Vivonne, d’où la joggeuse était partie courir ce jour-là.

Début 2026, sa version a changé. Il affirme désormais que deux individus sont venus et l’ont obligé à agir. Selon une source proche de l’enquête, ce changement est intervenu quand il a su que le corps de la victime portait aussi des traces d’ADN étrangères aux siennes, dues, toujours selon cette source, à un transfert accidentel dans les locaux de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale.

Son avocat, Me Aurélien Bourdier, déclare : « Il n’y a pas de rebondissement ». Selon lui, les deux individus n’ont pas été identifiés à ce jour. Il assure qu’aucun élément objectif n’a permis d’exclure cette version.

Ce que l’enquête avait établi

Les enquêteurs avaient relevé de l’ADN de la victime dans le véhicule du suspect. La montre connectée de la joggeuse, géolocalisée, a révélé que son corps avait été déplacé, ce qui allait dans le sens d’un crime.

Les gendarmes de la section de recherches de Poitiers se sont concentrés sur cet homme. Il est fiché comme auteur d’infractions sexuelles ou violentes après deux condamnations : en 1994, pour le viol d’une joggeuse qu’il menaçait d’une arme, puis en 2004, pour un viol commis avec une arme, en récidive, ainsi qu’une agression sexuelle.

Me Chevais estime que le suspect peut donner la version qu’il veut. En cas de renvoi devant les assises, c’est la cour qui décidera, dit-il.

Notre regard

Une mise en examen n’est pas une condamnation, et seule la cour d’assises, si l’affaire y est renvoyée, tranchera entre les deux versions. À suivre : la décision de renvoyer ou non l’affaire devant les assises, qui dira quelle place la justice donne à la version des deux individus, que la défense dit non identifiés.

Source : Sud Ouest

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