La Gripperie : une pépinière élève des agrumes rustiques

Depuis le 26 septembre, Antoine Cazenave accueille le public à Greffes et Graines, sa pépinière de La Gripperie-Saint-Symphorien. Il y fait pousser une quarantaine d’agrumes rustiques, mais aussi des avocatiers et d’autres fruits exotiques, sans aucun recours aux produits phytosanitaires.
La serre mêle expérimentation, production et vente : des arbres à plusieurs stades de croissance, des plants, des étiquettes qui nomment des fruits inconnus du grand public.
Originaire de Mâcon, Antoine Cazenave a été moniteur de ski et de voile, puis responsable de l’école de voile de Boyardville pendant dix ans. « À 40 ans, j’ai arrêté et je me suis reconverti », raconte-t-il. Il a suivi une formation au lycée du Petit-Chadignac, à Saintes, pour avoir une base, mais dit avoir beaucoup appris en autodidacte. Deux ans de travail ont précédé l’ouverture.
Des greffes sur porte-greffes
Au Petit Bréneau, il dispose de 5 000 mètres carrés de terrain où poussent des arbres fruitiers, dont un abricotier, et d’une serre de 400 mètres carrés. Sa méthode : planter un pépin, laisser pousser, puis associer différentes espèces par des porte-greffes et des greffes qu’il fait lui-même pousser. Il obtient ainsi un agrumier qui peut être planté en terre sous nos climats, sans pot à rentrer l’hiver.
« C’est par les greffes sur porte-greffes que j’obtiens des agrumiers qui sont capables de grandir chez nous. Je crois que dans notre région, je suis à peu près le seul à le faire », dit-il. Ses pépins d’agrumes viennent de Californie, du Japon ou d’Europe de l’est. Il applique la même technique aux arbres fruitiers.
Il s’essaie aussi à l’avocat. « L’hiver dernier, il a gelé. Par moins 8° C, j’ai perdu 30 avocatiers sur 40. Mais les dix qui ont résisté, je les ai utilisés pour des greffes. Je sais qu’ils pourront pousser ici, ils ont passé le test en quelque sorte. Et avec le réchauffement climatique, on aura ici des fruits réputés exotiques. »
On croise aussi dans la serre des goyaves, des mangues, des bananes, des poivriers, de la passiflore et un peu de vigne.
Antoine Cazenave ne cherche pas à produire beaucoup, juste assez pour gagner sa vie. Cette année, il a fait naître 400 agrumiers et en espère 600 l’an prochain. Ses clients sont des particuliers, qui achètent l’arbre en pot six mois après la greffe. Il les guide ensuite pour la plantation en pleine terre.
La pépinière est ouverte tous les samedis de 15 à 18 heures, et du lundi au vendredi sur rendez-vous au 06 74 60 50 37.
Source : Sud Ouest