Banquet du Canon français : un « rempart humain » annoncé

Ils étaient 31, mardi 27 octobre, devant l'entrée de la Halle d'Iraty, à Biarritz. Le collectif opposé au banquet de la société Le Canon français, prévu le 28 novembre dans ce lieu, a annoncé le programme de ses actions jusqu'au jour J. Il espère réunir cent fois plus de monde le samedi 28 novembre, avec pour mot d'ordre « herri harresia », expression basque qui signifie « rempart humain ».
L'initiative a été lancée par une centaine de personnes de la société civile. Elle vise à empêcher les convives de rejoindre le repas. Ses détracteurs accusent Le Canon français de cultiver la haine, la division et les idées d'extrême droite de l'un de ses principaux actionnaires, le milliardaire Pierre-Édouard Stérin.
Une occupation « en dansant »
Un appel a été lancé aux groupes de danseurs, aux chorales, aux musiciens, aux joaldun, aux batucadas et aux acteurs de spectacles de rue. Ils sont invités à se rassembler le 28 novembre sur les accès menant à la Halle d'Iraty. « L'occupation aura lieu en dansant, en chantant, en jouant, en mangeant, en partageant… », annonce le collectif. Le rendez-vous est fixé à partir de 11 heures, et les participants resteront « le temps qu'il faudra pour empêcher le banquet de se tenir ».
Une réunion d'organisation ouverte à tous est prévue le mardi 3 novembre à 19 heures, à la Bourse du travail de Bayonne.
Selon les porte-parole du collectif, ces repas sont un « cheval de Troie » dont « le but caché est de diffuser les valeurs fascistes et les violences qui vont avec, sous couvert de terroir et de convivialité ». Ils ajoutent : « Nous n'avons pas besoin du Canon français pour organiser ici des réunions festives, joyeuses, vivantes et populaires, et nous revendiquons une société inclusive, accueillante et progressiste, dans la diversité et la solidarité ».
45 000 euros pour la sécurité
La préfecture n'interdira pas le banquet au motif d'un risque de trouble à l'ordre public. Le préfet et le maire de Biarritz l'ont fait savoir. Les opposants n'ont donc pas obtenu l'annulation. Leur pression et l'annonce d'une mobilisation « massive » ont néanmoins un effet : l'État devra déployer un dispositif de sécurité important et en présentera la note au Canon français, soit 45 000 euros.
La société organisatrice a reçu le soutien de deux formations, Nouvelle Énergie, le parti de David Lisnard, et l'UDR, le parti d'Éric Ciotti. Toutes deux ont adressé des communiqués pour dénoncer le devis présenté par la préfecture des Pyrénées-Atlantiques pour la sécurisation de la réunion par les forces de police nationales.
Source : Sud Ouest