Casseuil suspend les indemnités de son maire installé à Djibouti

Le sous-préfet de Langon indique que la démission du maire de Casseuil, installé à Djibouti, devrait être prochainement avalisée. En attendant, ses élus ont suspendu ses indemnités.
Une démission que la commune ne confirme pas
Interrogé, le sous-préfet Serge Delrieu indique que « la démission du maire devrait être prochainement avalisée ». Dans la commune, Jean-Claude Masson dit ne pas être au courant. Il ajoute que cela ne le surprendrait pas forcément.
Les élus n'avaient pas non plus été prévenus du départ de Christine Darnauzan, première adjointe, qui a remis sa démission le 26 octobre. Jean-Yves Armisen, jusque-là deuxième adjoint, a présidé la séance suivante.
Ce que la loi prévoit pour les indemnités
Le Code général des collectivités territoriales lie le versement des indemnités à l'exercice effectif des fonctions électives. Pour un maire, cela renvoie à la gestion quotidienne de la commune, à la continuité du service public et à la représentation de l'État, par exemple pour l'état civil et la police administrative. La question du maintien du maire à la tête de la commune reste donc posée.
Le vote du 28 octobre
Une telle délibération figure rarement à l'ordre du jour d'un conseil municipal. Mercredi 28 octobre, les élus de Casseuil, dans le Réolais, se sont prononcés sur les indemnités de David Gauthier, toujours en fonction. Le maire n'était présent ni en personne ni en visioconférence. Jean-Yves Armisen a insisté : il s'agit de stopper les indemnités, pas de les supprimer, tant que le maire est sur un autre territoire et n'exerce pas ses fonctions dans la commune.
Jean-Claude Masson a rappelé avoir demandé au maire de diviser son indemnité par deux. La réponse avait été négative. Le sous-préfet avait ensuite écrit aux élus pour leur demander de se prononcer sur la suspension. « Le sous-préfet a été plus sévère que moi », a-t-il commenté.
Un maire parti pour suivre son épouse
David Gauthier a été élu en mars. Son épouse est militaire de métier et a changé d'affectation. Il l'a suivie à Djibouti, dans la Corne de l'Afrique, à environ 5 500 kilomètres de cette commune de 481 habitants.
L'affaire avait fait du bruit, jusqu'à la télévision et la presse nationale. Dans la Gazette municipale de septembre 2026, le maire reconnaissait lui-même que cet éloignement était incompatible avec ses fonctions. Il n'avait alors pas répondu à Sud Ouest. Jean-Yves Armisen assurait que la gestion des affaires courantes se passait très bien.
Notre regard
L'enjeu s'est déplacé de l'argent vers le fauteuil. La suspension règle le versement, pas la direction de la commune. La confirmation de la démission, puis la désignation d'un nouveau maire, diront si Casseuil retrouve vite un exécutif complet. Le sous-préfet est seul à l'évoquer, et la commune ne le confirme pas.
Source : Sud Ouest