Au Grand Parc, une fresque de 300 m² peinte à 34 mètres

Perchée sur une nacelle articulée, la street artiste britannique Helen Bur peint depuis plusieurs jours une fresque de près de 300 m² sur la façade d'une tour du Grand Parc, à Bordeaux. Elle travaille à 34 mètres de hauteur, harnachée, avec ses seaux de peinture et ses mélanges.
L'œuvre représente deux jeunes femmes enceintes. C'est l'artiste qui a choisi le thème. « Dans ce quartier, il y a beaucoup de femmes seules », a-t-elle observé. Elle voulait mettre en avant l'entraide autour de la maternité. Les deux femmes, qui ne se connaissaient pas avant sa proposition, « se connaissent maintenant », sourit-elle.
La pluie a retardé le chantier
Peindre à cette échelle demande une petite équipe au sol, un camion et des litres de peinture. Pour l'artiste, le plus dur est pourtant la météo. À leur arrivée, pluie et vent fort ont duré trois jours, et la nacelle ne peut pas travailler dans ces conditions.
Helen Bur en plaisante et accepte la comparaison avec Michel-Ange sous le plafond de la Chapelle Sixtine. Pour elle, utiliser un mur comme une toile rend l'art accessible à beaucoup de personnes qui ne vont pas dans les musées ou les galeries.
Les habitants suivent le chantier depuis leurs fenêtres comme depuis le pied des immeubles. Beaucoup sont déjà enthousiastes, surtout pour la couleur apportée au quartier. « Je la trouve jolie et monumentale, on la voit de loin », dit l'un d'eux.
Un chantier participatif et d'insertion
La fresque fait partie du projet KIFKIF, porté par l'association EXIT. Celle-ci a déjà réalisé plusieurs fresques sur la rive droite, entre La Benauge et Bacalan. Ce sont des chantiers participatifs et d'insertion.
Salem Erchouk, de l'Association pour la jeunesse à Bordeaux, explique que les jeunes doivent pouvoir s'inscrire dans le développement social de leur quartier. Il insiste sur la citoyenneté et le « pouvoir d'agir ». Luca Trimaldi, directeur d'EXIT, dit ne pas prétendre leur transmettre la passion de l'art. Il veut mettre en relation le travail de l'association et les habitants, selon leur âge et leur envie.
Source : France 3 Nouvelle-Aquitaine