Les dons des Français reculent de 18 euros en 2026

| Économie locale

La générosité des Français recule en 2026, dans un contexte de difficultés économiques. Le sondage de l'Observatoire des générosités, réalisé par Odoxa pour Leetchi, chiffre le don moyen à 204 euros sur l'année. C'est 18 euros de moins qu'en 2025, après deux années de hausse consécutives.

La baisse pèse surtout sur les 35-49 ans, avec 127 euros de moins, et sur les cadres, avec 148 euros de moins. Les cadres (288 euros) et les indépendants (267 euros) restent pourtant les plus généreux. Les ouvriers donnent 224 euros, les professions intermédiaires 189 euros et les employés 163 euros. Les hommes donnent 248 euros en moyenne, les femmes 166 euros, soit 27 euros de moins qu'en 2025.

Moins de moyens pour donner

Un tiers des sondés (33 %) ont réduit leurs dons. Parmi eux, 86 % disent avoir moins les moyens de donner qu'avant. Ils sont 66 % à avoir des doutes sur l'utilisation des dons, et 52 % à s'être sentis trop sollicités. À l'inverse, ceux qui ont donné davantage l'ont fait parce que certaines causes les ont touchés (79 %), plus que parce qu'ils en avaient les moyens (47 %).

La hausse des prix des carburants pèse sur le budget de 85 % des personnes interrogées. Près d'une sur deux parle d'un « impact important ». Par ailleurs, 16 % des Français ont dû faire appel à la solidarité au cours des douze derniers mois. Parmi eux, 51 % l'ont fait pour leurs dépenses du quotidien : factures d'énergie, courses ou loyer.

Les moins de 35 ans donnent 241 euros en moyenne. Ils sont aussi 28 % à avoir sollicité la solidarité pour s'en sortir. Les 18-24 ans donnent 256 euros, les 25-34 ans 231 euros. Les plus de 65 ans donnent quasiment autant qu'avant, soit 225 euros.

Des écarts entre régions

Le Grand Est arrive en tête, avec 316 euros par habitant, devant l'Île-de-France (247 euros). La Bretagne, première l'an dernier, passe à la 7e place avec 181 euros. En Normandie, les dons chutent de 127 euros sur un an et tombent à 152 euros. Ils restent faibles dans les Hauts-de-France (131 euros), le Centre-Val de Loire (141 euros) et en Provence-Alpes-Côte d'Azur (154 euros).

Les régions où la pauvreté est la plus élevée comptent la plus forte part de donateurs qui ont réduit leurs dons : 39 % dans les Hauts-de-France, 36 % en PACA et 36 % en Occitanie.

La recherche médicale reste la cause préférée (42 %). La protection de l'enfance gagne 4 points, à 32 %, au même niveau que la protection des animaux. Erwan Lestrohan, directeur conseil chez Odoxa, explique à ICI que l'actualité sur les violences sexuelles dans le périscolaire a remobilisé les Français sur cette cause.

Pour les années à venir, 59 % des sondés comptent donner à des associations locales ou de proximité, soit 5 points de plus. Ils sont 53 % à prévoir de donner directement à des personnes plutôt qu'à des organismes. L'enquête a été menée par internet du 23 au 28 septembre 2026 auprès de 3 000 personnes de 18 ans et plus.

Source : ICI