« La sixième ligne », un roman sur les ouvriers du fort Boyard

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Qui a bâti le fort Boyard ? Guillaume Conijn, 38 ans, a voulu répondre par un roman historique, « La sixième ligne ». Il l’a édité lui-même et cherche aujourd’hui un éditeur.

Le fort se restaure jusqu’en 2028 pour éviter la ruine, avec des méthodes modernes.

Sa construction, elle, a duré de 1804 à 1866. L’histoire retient surtout les noms des puissants : Vauban, qui dissuada Louis XIV de construire sur ce banc de sable entre Aix et Oléron, Montalembert, qui théorisa la fortification perpendiculaire sur laquelle le fort s’appuie, l’ingénieur Pierre de Filley, Bonaparte, qui approuva le projet en 1803, puis Napoléon Ier, qui suspendit les travaux en 1809, Louis-Philippe, qui relança l’affaire, et Napoléon III, qui en vit la fin.

Sortir les ouvriers de l’ombre

L’auteur, un Parisien, le dit d’emblée : il n’est pas historien, mais curieux et passionné par le fort. Il a mené ses recherches au service historique de la Défense à Rochefort. Il y a trouvé des plans, des maquettes, des correspondances, des notes du préfet maritime, des résumés de dépenses, des descriptifs techniques et des détails sur l’approvisionnement en pierres de Crazannes ou d’Aix. Rien, en revanche, sur les ouvriers, « réduits à des chiffres ». « Ma ligne directrice, c’est l’humain, je voulais sortir ces petites mains de l’ombre », explique-t-il.

Sur quarante ans de chantier sous surveillance militaire, plus de mille hommes ont travaillé sur l’ouvrage. Il s’agissait surtout de civils venus du coin : charpentiers, tailleurs de pierre, carriers, bateliers, maçons, cordiers. Les responsables et les ingénieurs, eux, venaient d’ailleurs.

Des faits réels, une part d’invention

Dans « La sixième ligne », Guillaume Conijn rappelle d’abord les hauts et les bas du fort pour planter le décor, puis se consacre à ceux qui travaillent dur. Il s’appuie sur des faits réels. Boyardville, village insulaire, servait de camp de base : on y accueillait les matériaux destinés au fort et les baraquements des ouvriers. En 1804, une gabare civile qui transportait des pierres a coulé avec six hommes à bord. Cinq ont été retrouvés, noyés. Leurs noms ne sont pas connus.

C’est là que l’imagination de l’auteur entre en scène. Il prénomme le sixième homme Étienne et appelle son épouse Marie. Son personnage principal est Gabriel, un jeune habitant de la Perrotine qui découvre le chantier. Il veut en être, on le rabroue, puis on le recrute pour des tâches simples. Il se prend d’amitié pour Marie, qui cherche son mari disparu, mais le nom de ce dernier ne figure pas sur la liste officielle des hommes présents sur la gabare.

La côte la plus proche du fort se trouve à Boyardville, à 2,3 kilomètres par la mer.

Source : Sud Ouest