Lecornu convoque une conférence sociale lundi à Matignon

Les syndicats voulaient des réponses sur les salaires. Ils auront une réunion lundi : Sébastien Lecornu les reçoit à Matignon avec le patronat, au lendemain d'une journée de manifestations très suivie.
Une mobilisation, deux décomptes
Jeudi 5 novembre, les cortèges ont réuni salariés du privé, fonctionnaires, retraités et jeunes. La CGT revendique 1,6 million de manifestants dans tout le pays. Les autorités en ont compté 575 000.
Le ministère de l'Intérieur estime que les défilés se sont globalement bien déroulés. Il signale pourtant des tensions dans plusieurs villes, 448 interpellations et 53 membres des forces de l'ordre blessés. Les syndicats, eux, dénoncent des interdictions et des modifications de parcours, ainsi que la répression des manifestations de Toulouse et de Lyon.
Le Smic, au centre de la discussion
Un « coup de pouce » désigne une hausse du Smic supérieure à celle qui découle des règles de revalorisation habituelles. Le gouvernement s'est montré ouvert ces derniers jours à un tel geste, mais aucun montant n'est connu.
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a pris position vendredi matin sur TF1. Il juge « important de franchir la barre » des 1 500 euros net par mois. Le Smic mensuel s'élève aujourd'hui à 1 477,93 euros.
Marylise Léon, pour la CFDT, réclame un coup de pouce de 100 euros et des réponses concrètes pour les fins de mois des Français.
Ce que le gouvernement prépare avant lundi
Dans un automne social incandescent, le Premier ministre a demandé à Jean-Pierre Farandou de finaliser les concertations sur les salaires et le pouvoir d'achat. Le ministre doit s'entretenir avec les dirigeants des principales organisations patronales : Patrick Martin (Medef), Amir Reza Tofighi (les Entrepreneurs) et Michel Picon (U2P).
Ce qu'attendent les syndicats
Pour Cyril Chabanier, président de la CFTC, cette conférence est « la dernière chance pour le gouvernement ». Il parle d'« échos positifs », tout en rappelant qu'on ne connaît pas le montant du coup de pouce. Il pose aussi deux questions : le point d'indice des fonctionnaires sera-t-il dégelé, et une prime défiscalisée et désocialisée verra-t-elle le jour ? Le gouvernement et le Premier ministre « ont la main », dit-il, sur ces sujets posés il y a près de trois semaines.
Sophie Binet, de la CGT, voit dans la journée un succès. Pour elle, la question n'est plus de savoir si le mouvement va gagner, mais combien il va obtenir.
Et après lundi ?
Les huit organisations de l'intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires) affirment que seule une réponse à leurs revendications arrêtera la mobilisation. Elles se retrouveront lundi, à l'issue de la réunion de Matignon, pour décider des suites. Elles relèvent que les fonctionnaires et les jeunes, mobilisés en nombre, n'ont même pas de rendez-vous.
La colère ne devrait pas retomber d'ici là. Des organisations de jeunes et des Gilets jaunes annoncent d'autres actions dès samedi 7 novembre : ce sera l'« Acte IV » du mouvement né le 17 octobre. L'Unef a lancé : « Pour que le gouvernement cède, nous ne lâcherons rien. »
Source : ici.fr