Lège-Cap-Ferret offre 2 000 arbres après les incendies

| Environnement et cadre de vie

Sur le parking du parc du Trinquet, à Lège-Cap-Ferret (Gironde), les habitants sont repartis avec des pots, de jeunes pins et parfois une brouette pleine d'arbousiers et de jeunes chênes. La mairie distribuait, le temps d'une matinée, 2 000 arbres et arbustes, trois mois après les incendies qui ont touché la commune.

Le feu a laissé des traces visibles. Fin juillet, la forêt située à l'entrée de la presqu'île du Cap Ferret est passée du vert au noir, et tous les pins qui mènent à la presqu'île ont brûlé. Pour la commune, la distribution est un geste symbolique, une façon de tourner la page.

« Ça fait du bien d'avoir de la verdure »

Un couple venu au parc du Trinquet résume l'humeur du jour. « J'ai des arbres qui ont souffert de la chaleur. Ça fait du bien d'avoir de la verdure », dit l'épouse. Son mari ajoute que replanter est « indispensable » et que cela relance l'envie de voir pousser quelque chose.

Une autre habitante sort de la tente installée par la commune, où sont abritées les pousses. Elle raconte que les agents expliquent cette année être « dévalisés » pour les pins. Selon elle, les gens sont très sensibles et en remettent : ils doivent aussi avoir peur de la présence de l'eau.

Christophe Valleau, agent des espaces verts, conseille les visiteurs dans leur choix. Il constate que les gens viennent nombreux à cause des incendies et disent vouloir mettre un peu de verdure dans un monde de grisaille.

Des essences locales

La commune organise cette distribution chaque année, depuis 14 ans, dans le cadre de la journée de l'arbre. Catherine Guillerm, adjointe au maire, rappelle la ligne suivie : préserver le village sous la forêt. Les essences proposées sont locales, adaptées au sol sableux de la presqu'île : pins, chênes, arbousiers, cistes et bruyères. Les palmiers et les bananiers ne figurent pas au programme.

L'adjointe comprend que les incendies aient pu faire craindre les arbres, mais pour elle le feu ne vient pas d'eux : il vient de l'homme, le plus souvent d'une bêtise. Elle rappelle aussi qu'il y a 150 ans la presqu'île était une lande humide au sable non stabilisé, et que les arbres protègent aujourd'hui des inondations en pompant l'eau.

L'Office national des forêts tenait aussi un stand pour conseiller les habitants. Son défi est de les encourager à débroussailler, mais pas pendant la saison estivale, plutôt en hiver ou au printemps, car intervenir en forêt en saison sèche peut elle-même provoquer un incendie. Rémy Perron, de l'ONF, précise que le débroussaillement ne revient pas à déboiser : il ne concerne que la strate arbustive et herbacée. Il peut même s'étendre au terrain d'un voisin, avec son accord, si les 50 mètres autour d'une habitation débordent de la parcelle.

L'incendie de Gironde a déjà détruit 42 000 hectares.

Source : France 3 Nouvelle-Aquitaine