Lot-et-Garonne : l'apprentissage du bâtiment craint pour ses aides

Deux fédérations du bâtiment de Lot-et-Garonne alertent sur la fin d'un financement venu de l'État. La Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment d'Agen (FCMB 47) et la Fédération française du bâtiment du département (FFB 47) y voient un risque mortel pour certains centres de formation et pour des entreprises artisanales.
Ce que l'apprentissage apporte au territoire
Pour Jean-Luc Berto, président de la FFB 47, former des apprentis, c'est fournir des ouvriers et de futurs chefs d'entreprise à l'artisanat local. Il souligne que les territoires ruraux comptent sur ces professionnels pour faire vivre leurs communes. Il présente l'apprentissage comme un modèle de transmission des savoirs et d'intégration.
Il avance deux chiffres. Près de 80 % des apprentis décrochent un CDI, un contrat à durée indéterminée, dans les six mois qui suivent leur diplôme. Et en septembre, 104 offres d'emploi d'électricien étaient publiées dans le département.
Une aide versée par la Région, financée par l'État
Les financements qui disparaissent transitent par la Région Nouvelle-Aquitaine. Les responsables cités saluent son soutien, aussi bien pour les investissements que pour le fonctionnement. Mais l'argent, rappellent-ils, vient de l'État. L'un d'eux dit que l'État vient de fermer le robinet.
400 000 à 500 000 euros en jeu
Christophe Bousquet dirige la structure de formation. Il explique qu'elle a toujours su rebondir : elle s'est toujours adaptée à une baisse de financements en proposant d'autres formations. Cette fois, la somme en jeu va de 400 000 à 500 000 euros. Il la juge impossible à compenser.
Jean-Marc Lestieux, président de la FCMB 47, raconte que le courrier annonçant la suppression est arrivé en juin. Il le qualifie de « quasi laconique ». Des sessions de formation n'ont pas pu ouvrir. Des salariés n'ont pas vu leur contrat renouvelé. Pour le centre de formation des apprentis, il parle d'une question de survie.
Les trois responsables lancent un appel commun aux décideurs politiques et aux élus de la Région : leur donner les moyens de développer l'offre de formation.
Source : SudOuest.fr