Deux lycées charentais sur la liste des travaux de l'État

À Cognac et à Angoulême, deux lycées se retrouvent au centre d'un différend sur le financement de travaux. Le ministère de l'Éducation nationale les a inscrits sur sa liste de chantiers prioritaires, et la Région, chargée de l'entretien et du financement, s'en indigne.
Deux proviseurs surpris
Joël Wiciak dirige le lycée Jean-Monnet de Cognac. Il a été surpris d'y voir son établissement cité. « Il y a des établissements moins bien lotis que nous », dit-il. Christophe Simonet, à Marguerite-de-Valois, en connaît lui aussi de plus inquiétants.
Les deux y trouvent pourtant un intérêt : ils comptent sur ces mesures pour mieux faire face au changement climatique. À Jean-Monnet, la chaleur de l'été rend l'internat intenable, et le lycée a acheté 40 ventilateurs, ce qui ne suffit pas. Joël Wiciak y verrait bien une isolation. Christophe Simonet en voudrait aussi, mais se demande avec quel argent.
La Région : des chantiers déjà lancés
Jean-Louis Nembrini, vice-président de Nouvelle-Aquitaine chargé des lycées, assure que la collectivité n'a pas attendu le ministère. À Marguerite-de-Valois, une restructuration de la cuisine est à l'étude, chiffrée à 4 millions d'euros. À Jean-Monnet, une étude avait été lancée avant la crise pour isoler le bâtiment par l'extérieur. Selon le proviseur de Jean-Monnet, les travaux devraient commencer avant la fin de l'année scolaire.
Une liste contestée
La liste vise 200 lycées publics en France, dont 17 en Nouvelle-Aquitaine. Le gouvernement la présente comme l'une de ses réponses à la crise des lycéens.
La Région a réagi sèchement : « Franchement, ce n'est pas sérieux ». Ses élus parlent d'instrumentalisation et ont eu le sentiment d'une leçon donnée aux Régions. Ils notent aussi que les lycées retenus ne sont pas forcément ceux qui ont le plus besoin de travaux.
Selon le journal, le classement semble reposer sur le nombre de remontées reçues par la plateforme Agora, ouverte par le ministère aux doléances des jeunes. Pour Jean-Louis Nembrini, c'est trop aléatoire. Il rappelle que deux milliards d'euros ont été investis dans le bâti pendant les deux derniers mandats.
Une facture pour les Régions
Le coût de ces opérations retombera sur les Régions. L'élu affirme que la sienne a perdu 300 millions d'euros de dotations de l'État en trois ans. Selon le journal, le gouvernement a évoqué la possibilité d'un prêt sans intérêt pour financer ces chantiers. Le vice-président répond que s'endetter n'est pas une solution et y voit de la mauvaise gestion.
Source : CharenteLibre.fr