« Menton Man », un artiste de cirque né à Boulogne-sur-Mer

Il fait tenir des objets en équilibre sur son menton, et c'est devenu sa signature. « Menton Man » a grandi à Boulogne-sur-Mer, s'est formé aux arts du cirque à Amiens, puis s'est installé en Ardèche. Il est passé par l'émission « La France a un incroyable talent » et n'oublie pas que tout a commencé dans les Hauts-de-France.
Sa vocation date de ses 4 ou 5 ans. Il en garde une photo : un petit garçon assis sur un éléphant, dans la ménagerie d'un cirque de passage à Boulogne-sur-Mer. C'est sa grand-mère qui l'y avait emmené. Toute sa famille vit encore dans le Boulonnais.
Un balai, puis une échelle
À 12 ou 13 ans, il pratique le cirque en amateur. Sa professeure, Véronique Merlier, réalise un numéro de clown : elle pose un balai en équilibre sur son front et monte sur une échelle. Le jeune garçon est fasciné. « Elle m'a dit : “Tu as deux heures pour y arriver.” » Le balai ne tient pas bien sur le front. Il essaie le menton. « Je me suis rendu compte que ça marchait beaucoup mieux. »
Il ne s'arrête pas là. Après le balai viennent une échelle, puis d'autres, un banc, une barrière et des objets de plus en plus imposants. Cette recherche des limites devient une spécialité.
Amiens, puis l'Ardèche
Au début de sa vingtaine, il quitte sa famille et la Côte d'Opale. Il passe les concours d'entrée de l'école du Cirque Jules Verne, à Amiens, et suit trois ans de formation professionnelle aux arts du cirque. Ce cursus prépare notamment aux formations supérieures. « Je suis parti pour les études et pour le travail. Tout le monde est resté là-bas. »
Il tient à rappeler qu'il n'est pas seulement « celui qui met des choses sur son menton ». Il fait avant tout, dit-il, du jonglage de force et des portés acrobatiques.
La formation terminée, il part pour l'Ardèche. Il y rencontre des artistes, des compagnies et des structures de production. Les projets se multiplient : cirque, danse, marionnettes, portés acrobatiques. Il crée sa propre compagnie et travaille dans un collectif réunissant plusieurs disciplines. Il est aujourd'hui intermittent du spectacle.
Son record personnel est de 80 kilos, avec un imposant touret en bois. En représentation, il utilise notamment une barrière d'environ 50 à 55 kilos. « Je n'ai pas un menton en acier », sourit-il. Le numéro demande de l'équilibre et de la résistance au poids. « Il y a une partie où ça fait vraiment mal. »
De Los Angeles à la télévision
Après Los Angeles et l'exposition offerte par la télévision, son objectif est de développer son numéro à l'international.
Boulogne-sur-Mer reste le lieu où sa grand-mère l'avait emmené voir un cirque pour la première fois. C'est aussi là qu'un simple balai posé sur son menton a changé le cours de sa vie.
Pour la suite, il rêve d'une « tournée mondiale », en Asie comme en Amérique, et peut-être des grandes scènes et des cabarets.
Source : France 3 Régions