Nématode du pin : la filière forestière s'inquiète

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Cinq nouveaux cas de nématode du pin ont été repérés en Béarn le 23 octobre. La filière forestière s'en inquiète : ils se concentrent le long de l'autoroute A 64, et la lutte contre le parasite avance trop lentement à ses yeux.

Béarn : des cas là où les pins sont rares

Ces cas se trouvent dans des endroits comme des jardins, où il y a peu de pins. Benoît Fraud, directeur général de la coopérative Alliance Forêts Bois, y voit un motif d'alerte.

« Nous craignons que le nématode découvert dans les Pyrénées-Atlantiques soit plus virulent que celui identifié en plein massif dans les Landes », dit-il.

Une réponse est attendue de l'Inrae, dont les analyses doivent établir les génotypes des vers dans les deux départements. D'ici là, la filière a refait le voyage en Espagne et au Portugal. Elle cherche à comprendre comment ces voisins ont appris à vivre avec le parasite.

Abattages : une stratégie qui évolue, faute de marchés

Le premier cas, à Seignosse, remonte au 4 novembre 2025. Depuis, d'autres arbres positifs ont été repérés. La première stratégie prévoyait un abattage massif dans un rayon de 500 mètres autour de chaque cas positif. Elle a été abrogée.

Pour les nouvelles zones, aucun marché d'abattage sélectif n'a été passé. Le manque de financement en serait la cause probable. Selon les informations du journal, la Draaf, chargée de la lutte, aurait décidé de modifier la stratégie pour le nouveau marché de Seignosse. Elle ne viserait que les endroits particulièrement à risque, pour accélérer la procédure.

La coopérative Alliance Forêts Bois a remporté le premier marché d'urgence. Elle a abattu les arbres dans les 500 mètres autour du cas de Seignosse, puis ceux identifiés dans un rayon de 6 kilomètres. Elle a candidaté au deuxième marché, qui permettrait de continuer au-delà. Le résultat est attendu.

Deux départements, une seule tache

Dans les Landes, le nématode est apparu autour de Seignosse et d'Orthevielle. Dans les Pyrénées-Atlantiques, il a été trouvé autour de Lescar, Castillon et Lons. Les zones délimitées par les autorités sanitaires dans les deux départements forment désormais une tache continue sur la carte.

Éric Dumontet, secrétaire général du syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, donne les chiffres : 461 800 hectares sous surveillance, dont 46 881 hectares de résineux sensibles. Il ajoute : « Et les mesures de lutte n'avancent pas. »

Le bois brûlé, une prise de risque

Le Monochamus, coléoptère qui transporte le nématode, est qualifié de pyrophile : il pond volontiers dans le bois brûlé. Les pins touchés par les incendies de l'été pourraient donc l'attirer s'ils ne sont pas sortis à temps. L'infestation s'étendrait alors au-delà des deux zones délimitées.

Une coupe rapide éviterait d'ajouter cette menace à celle des scolytes. Pour Éric Dumontet, l'année 2026 n'a rien épargné à la forêt : tempêtes Nils et Pedro, incendies en Gironde et dans les Landes, scolytes, marché du bois peu réjouissant.

Notre point de vue

Le sort de la lutte dépend de deux décisions : le résultat du second marché d'abattage et la manière dont la Draaf choisira ses cibles. Les analyses de l'Inrae diront si le Béarn héberge une autre souche, ce qui changerait l'enjeu des cas près de l'A 64. Le calendrier de sortie du bois brûlé, lui, détermine si l'insecte trouve ou non de quoi pondre.

Source : SudOuest.fr

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