Le nouveau TGV d'Alstom prend son premier départ vers Marseille

Le nouveau TGV a enfin ses premiers passagers payants. Vendredi matin, la rame fabriquée par Alstom a effectué son premier service commercial entre Paris et Marseille, avec deux ans et demi de retard.
Pas plus vite, mais plus grand
Il ne gagne rien en vitesse : 320 km/h, comme les rames françaises les plus récentes. Il est en revanche le seul au monde à circuler à cette vitesse avec deux étages. Son nez est plus effilé et son aérodynamisme renforcé. Il promet de consommer 20 % d'énergie en moins tout en accueillant jusqu'à 20 % de passagers supplémentaires.
Sur l'axe Paris-Marseille, il propose 573 places, contre 500 actuellement. Une rame peut transporter jusqu'à 700 personnes en classe unique. La SNCF promet aussi plus d'espace pour les jambes et les bagages, davantage de places pour les vélos, un bar sur deux niveaux et un wifi qui reste tributaire de la couverture mobile.
Des années de retard
En 2020, à l'usine Alstom de La Rochelle, au moment de dévoiler la première cabine, un cadre dirigeant de la SNCF espérait que la rame roulerait pour les Jeux olympiques de Paris en 2024. Les retards industriels liés au Covid-19 ont rendu l'objectif hors de portée. Le train a atteint 320 km/h pour la première fois le 14 septembre 2023. La SNCF et Alstom visaient ensuite 2025, puis 2026, à cause de démêlés techniques et de l'ampleur des tests.
Il s'est passé trois ans et demi entre les premiers essais en République tchèque, en décembre 2022, et l'homologation finale de mai 2026. Elle a été donnée par la France et par l'Agence ferroviaire européenne pour la sécurité. Depuis cet été, 1 600 « clients-mystères » ont testé la rame sans voyageurs commerciaux.
Un train pensé pour durer
La SNCF met en avant sa modularité, d'où le nom de TGV « M » qu'elle lui a longtemps donné. Le train peut passer de huit à neuf voitures, et le nombre de places de première ou de deuxième classe varie selon les destinations ou les saisons. Il émet 50 % de CO2 en moins par voyageur que le premier TGV de 1981. Il utilise 25 % de matériaux recyclés et est recyclable à 97 %.
Il analyse 25 000 informations en temps réel pour une maintenance prédictive, qui doit réduire de 30 % les coûts de maintenance. Une batterie lui permettra de rejoindre la gare la plus proche en cas de rupture de caténaire.
160 rames commandées
La SNCF a commandé 160 exemplaires pour plus de 5 milliards d'euros. Cent sont destinés au marché français, 15 aux liaisons France-Belgique, 30 au réseau Eurostar et une quinzaine à l'Italie. Sur Paris-Marseille, le train affrontera le Frecciarossa de Trenitalia, construit par Hitachi. Les nouvelles rames remplaceront progressivement le parc existant, en dix ans environ.
Source : SudOuest.fr