Pessac : le Festival du film d’histoire part pour l’Italie

Le Festival du film d’histoire de Pessac consacre sa 36e édition à l’Italie. Il se tient du 17 au 22 novembre au cinéma Jean-Eustache. Au programme : cinquante films italiens ou sur l’Italie, et une sélection officielle de 27 films.
« Chaque année, deux clans se forment à l’heure de choisir la thématique du festival », a raconté Alain Rousset, président du festival, ancien maire de Pessac et président de la Région Nouvelle-Aquitaine, lors de la présentation de la programmation. Certains défendent leur choix, d’autres jugent que la ressource cinématographique ne suffira pas. Pour l’Italie, le doute n’a pas eu lieu.
Le directeur général, François Aymé, parle d’« une richesse époustouflante dans la production italienne des années 1940 à 1980 ». Selon lui, c’est un cinéma très populaire, qui s’est beaucoup intéressé à l’histoire et à la politique, souvent avec un angle social, y compris dans les comédies.
Cinquante films, de Fellini à Nanni Moretti
« Les Cœurs affamés » de Nanni Moretti sera projeté en avant-première à la séance de clôture. Le festival explorera aussi les grands classiques, de Fellini à Visconti, et proposera des perles rares, des comédies et plusieurs documentaires. Les films plongent dans le fascisme, la Seconde Guerre mondiale, la mafia ou les années 1960 et 1970.
Un cycle de conférences et de rencontres complète l’affiche. L’écrivain et journaliste Roberto Saviano sera au cinéma Jean-Eustache le samedi 21 novembre à 18 h 45. Il a publié « Gomorra » en 2007, un ouvrage sur la mafia qui lui vaut encore d’être sous escorte en permanence.
Côté compétition, onze films de fiction sont en lice. Le film belge « Le Faux Soir » ouvrira le festival. « C’est une histoire vraie, basée sur une idée extraordinaire pendant la guerre : retourner contre la propagande nazie l’arme qu’elle utilise pour manipuler l’opinion », explique Julia Pereira, déléguée générale adjointe. Des résistants avaient imprimé une version satirique du journal « Le Soir ».
Le long-métrage afghan « No Good Men » suit Naru, seule femme cameraman d’une chaîne de télévision à Kaboul. Sont aussi en compétition « Woman Unknown » de May El-Toukhy, « Fatherland » de Pawel Pawlikowski, « La Violoniste » d’Ervin Han et Raul Garcia, « La Bola Negra » de Javier Calvo et Javier Ambrossi, « Le Bois de Klara » de Volker Schlöndorff, « Le Hangar rouge » de Juan Pablo Sallato, « Ben’Imana » de Marie-Clémentine Dusabejambo, « Vesna » de Rostislav Kirpičenko et « Le Château d’Arioka » de Kiyoshi Kurosawa.
Huit films concourent dans la catégorie documentaire d’histoire inédit, huit autres dans celle du documentaire d’histoire du cinéma. Parmi eux, « Monsieur 027 », un coup de cœur de François Aymé. Un figurant a tourné dans 650 films entre 1920 et 1960, mais le nom d’un figurant n’apparaît jamais au générique : le réalisateur est parti à sa recherche. En France, cinq passionnés repèrent les figurants pour les répertorier ; certains en ont identifié qui avaient tourné dans 200 films.
Le festival diffusera aussi la mini-série « L’Affaire Françoise Claustre », du nom de l’ethnologue enlevée au Tchad dans les années 1970. On y retrouve Raymond Depardon, réalisateur et photographe embarqué par le mari de la chercheuse pour médiatiser l’affaire sur place.
Une subvention réduite à néant
Les organisateurs ont annoncé un nouvel appel aux dons. En 2025, une campagne de financement participatif avait déjà rapporté 20 000 euros, et la Ville de Pessac avait ajouté 10 000 euros par une subvention exceptionnelle. En cause : la baisse de l’aide du Département de la Gironde, passée de 50 000 à 20 000 euros, et désormais supprimée. Le festival a également perdu un partenaire privé.
« Nous avons pris plusieurs mesures pour réaliser des économies », rappelle François Aymé. Le festival avait notamment été réduit de deux jours, ce qui, dit-il, « n’entache pas l’offre ». Parmi les nouvelles économies, aucune brochure ne sera imprimée : elle sera disponible uniquement en ligne.
Source : Sud Ouest