À Pons, la ferme communale nourrit la cantine des écoliers

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À leur retour de vacances, lundi 2 novembre, les écoliers de Pons trouveront sans doute de la patate douce au menu de la cantine. Elle a poussé à moins de 2 kilomètres de leurs assiettes, dans la ferme communale, au sud de la ville, en contrebas de l’Hôpital des Pèlerins.

Le site de maraîchage occupe un terrain d’un peu moins de 1 000 mètres carrés, avec des serres et du goutte-à-goutte. Son fonctionnement est unique en Charente-Maritime : les deux maraîchers sont des employés de la Ville de Pons, et la ferme est gérée en régie municipale. Sa production sert uniquement aux 330 repas servis chaque jour aux écoliers et aux enfants de la crèche.

L’idée vient des Alpes-Maritimes

Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes) a été la première commune de France à lancer, en 2010, une ferme municipale pour approvisionner sa cantine en bio. En 2019, Fabienne Dugas-Raveneau, alors conseillère municipale de Pons et pas encore maire, entend parler de cette initiative. « Je suis issue de l’Association des parents d’élèves, la qualité des repas à la cantine, ça m’intéresse », dit-elle. Elle appelle Mouans-Sartoux.

La commune disposait d’un terrain avec des serres, presque à l’abandon, qui servait à stocker des plants pour les espaces verts. Un premier maraîcher, Julien Hélis, est recruté en 2021. Il passe ses premiers mois à redonner vie à une terre pauvre, avec par endroits seulement « 0,2 % de matière organique ». À l’été 2022, la récolte d’une plantation test est foisonnante. Un second maraîcher, Baptiste, rejoint l’équipe en 2024.

En 2025-2026, la ferme a produit 6 tonnes de légumes, sur ce terrain et sur un autre d’environ 2,4 hectares, sans accès à l’eau. Les parents sont ravis et les déchets alimentaires diminuent en fin de repas. Seule ombre : l’expérience est déficitaire, car le non-achat de légumes ne compense pas les salaires des deux maraîchers et les frais divers. La maire « l’assume ». Pour son adjointe à l’enfance jeunesse et à la ferme communale, Laetitia Barabeau, proposer du bio en circuit très court est un « choix politique ».

Ateliers, chaleur et saisons

La ferme sert aussi d’outil éducatif : 200 à 300 enfants par an participent à des ateliers pédagogiques. Des adultes viennent aussi aider lors d’ateliers participatifs. En juillet, quatre personnes ont aidé à planter 600 choux.

La chaleur oblige les maraîchers à repenser leurs méthodes. Les patates douces ont bien supporté la saison, pas d’autres légumes : « Sur 300 plants de courges cette année, 10 ont survécu », regrette Julien Hélis. Les vacances scolaires posent une autre contrainte, car certaines récoltes tombent quand les enfants ne sont pas à l’école. Les deux premières années, le surplus a été vendu à des particuliers. La commune souhaite l’éviter pour ne pas concurrencer les maraîchers du territoire.

Une quarantaine de légumes et de plantes aromatiques sont cultivés, dont la moutarde japonaise Mizuna et le basilic grec. À terme, les maraîchers aimeraient aussi produire des fruits. Une exploitation supplémentaire de 3 000 mètres carrés de terrains communaux, près du cimetière et donc d’un accès à l’eau, devrait y aider à partir de cet hiver. Le prix moyen du repas est aujourd’hui d’environ 2,50 euros, et l’objectif est de faire progresser le bio sans trop l’augmenter.

Des élus et des associations visitent la ferme pour s’en inspirer. La commune de Nieul-le-Virouil, en Haute Saintonge, a finalement trouvé une maraîchère et lui met des terres à disposition pour produire pour la commune. Un Réseau national des fermes publiques a été lancé en septembre 2025 ; Pons en fait partie, comme la métropole de Lyon et la ferme des Chênes, à Mérignac.

Source : Sud Ouest