À Puilboreau, les commerçants chiffrent leurs pertes après le blocage

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Le samedi 24 octobre, des manifestants contre la « vie chère » ont bloqué la zone commerciale de Puilboreau, dans l’agglomération rochelaise. Les commerçants de l’hypermarché Hyper U ont dû fermer boutique quelques heures dans l’après-midi. Ils font déjà état de pertes.

« Pour l’ensemble de la zone et selon les magasins, elles se situent entre 10 et 50 % », évalue Mathias Bures, directeur de l’Hyper U et de sa galerie marchande. Au Comptoir de Mathilde, une enseigne de confiseries, Astrid Cron annonce 10 % de chiffre d’affaires en moins. À Muy Mucho, franchise de décoration, la responsable, Doriane Vaysse, chiffre le manque à gagner du samedi entre 20 et 30 %.

« Pas de levier »

Mathias Bures ne croit pas à un rattrapage : « Les pertes ne sont jamais compensées. » Il craint les conséquences si le mouvement dure. Novembre et les fêtes approchent. Selon lui, les magasins de jouets et les bijouteries réalisent 50 % de leur chiffre d’affaires sur cette période, et décembre est le plus gros mois pour l’alimentaire. « Dans ce type de situation, nous n’avons aucun levier, on se contente de subir », dit-il.

La zone a aussi dû engager des dépenses imprévues. Le directeur a doublé les effectifs de sécurité et de prévention incendie, qui sont passés de 7 à 17 salariés sur le site. Il s’agit de personnels privés capables de prodiguer les premiers secours, ainsi que de pompiers civils. Une organisation d’évacuation est aussi prévue en cas de débordement.

Céline, salariée depuis vingt-huit ans de la bijouterie Coup de foudre, dans la galerie marchande, dit comprendre le fond de la colère : « De plus en plus de Français galèrent. » Mais elle regrette la forme et propose de manifester le dimanche plutôt que le samedi, pour que personne ne soit pénalisé. Elle juge le moment mal choisi : la boutique vient de commander ses stocks de fin d’année et a entamé lourdement sa trésorerie.

Plus au sud, les responsables de la zone commerciale Carrefour d’Angoulins n’ont pas souhaité réagir. Selon certains observateurs, elle aurait bénéficié d’un report de clientèle le week-end dernier. « C’était blindé samedi », assure une commerçante.

Source : Sud Ouest