À Saint-Astier, il reproduit en Lego les monuments du Périgord

Deux grandes maquettes du château de l'Herm, en Dordogne, sont attendues pour Noël. Elles sortent de l'atelier de Guillaume Turlin, à Saint-Astier, qui construit des monuments en Lego.
L'Herm en deux versions
C'est son projet prioritaire du moment. Le château se trouve à Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac. Son propriétaire, Nicolas de Laâge de Meux, a lancé en 2020 une réhabilitation de ce monument du Périgord. Eugène Le Roy y avait situé le comte de Nansac, antagoniste de Jacquou le Croquant.
L'une montrera le château tel qu'il était avant les travaux, l'autre tel qu'il sera au terme du chantier. Le propriétaire dit avoir remarqué la qualité du travail sur la cathédrale Saint-Front. Pour lui, « ces maquettes, c'est revenir aux origines de la restauration ». Il les imagine dans l'espace boutique, si le chantier se termine un jour.
Des briques Lego et rien d'autre
L'entreprise ne fait pas de sur-mesure : seules des pièces Lego existantes servent. Il faut donc ruser pour les bâtiments biscornus. À l'Herm, un bâton de ski fera le pinacle. À Saint-Front, les pièces arrondies, plutôt rares chez Lego, ont fixé la taille de la maquette, à cause des coupoles.
Castelnaud, Beynac et la facture
Le château médiéval de Castelnaud, aux niveaux de sol irréguliers, pourrait lui donner du fil à retordre. Ceux de Beynac ou de Hautefort seraient bien plus simples, estime-t-il.
Il attend que des collectivités ou des sites touristiques s'intéressent à ses maquettes avant de se lancer. Quelques milliers de pièces peuvent coûter plusieurs centaines d'euros. Son but est d'organiser des expositions, par exemple Saint-Astier en briques ou le Périgord en briques.
La grotte de Lascaux est déjà modélisée dans ses principaux panneaux. L'idée est d'en faire de grandes mosaïques. L'un des slogans de l'entreprise danoise, « Rebuild the world », invite à reconstruire le monde : lui a décidé de commencer par son département.
Saint-Front, 4 500 pièces
Après l'église, le centre culturel La Fabrique et l'usine de chaux de Saint-Astier, il s'est attaqué cet été à la cathédrale Saint-Front de Périgueux : 4 500 pièces. Selon lui, cela étoffe sa carte de visite.
Sur les réseaux sociaux, ses créations totalisent plusieurs dizaines de milliers de vues. Des entreprises lui demandent leur siège social en Lego. Il y voit de la visibilité au moins jusqu'en décembre.
Un ancien technicien devenu modéliste
Guillaume Turlin était technicien territorial. Pour son entreprise, L'Atelier des briques, il a aménagé un atelier dédié aux Lego. Il anime des séances dans des centres de loisirs et réalise des maquettes à la demande.
Pour une œuvre originale, il dessine d'abord des vues 3D avec le logiciel Studio, qui donnent le nombre et la forme des pièces. Selon lui, la conception occupe environ les deux tiers du temps, puis l'assemblage avance assez vite. Derrière son bureau s'entassent des constructions Harry Potter, Ghostbusters ou Pirates des Caraïbes, parfois montées avec ses enfants de 7 à 10 ans.
Notre regard
Ces maquettes pourraient trouver leur place dans des lieux patrimoniaux : le propriétaire de l'Herm les imagine déjà dans son espace boutique. Tout dépend des commandes : l'entrepreneur attend un signal de collectivités ou de sites touristiques. Les deux maquettes de l'Herm, attendues pour Noël, pourraient servir de vitrine.
Source : Sud Ouest