Au château de Castelnaud, les Neuf Preux ont dix ans

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Le château de Castelnaud, en Dordogne, se met pendant trois jours à l’heure de la reconstitution historique et du patrimoine médiéval. Parmi les temps forts figurent les dix ans des Neuf Preux, un décor mural monumental peint à la manière des artistes du Moyen Âge. Les coulisses de cette réalisation ont été présentées jeudi 29 octobre.

Le propriétaire du château, Kléber Rossillon, a pris la parole avec Pascal Fournigault, auteur de la reconstitution, et les artistes plasticiens Manuela Caldeira et Jean-Patrice Péot.

Des hommes derrière les armes

Kléber Rossillon est revenu sur l’origine du projet. Derrière les armes du musée de la guerre au Moyen Âge, dit-il, « il y avait des hommes ». Sa question de départ : comment présenter ceux qui portent les armes, et les chevaliers les plus emblématiques ?

Les Neuf Preux sont les plus grands chevaliers de tous les temps, réels ou imaginaires. Leur liste a été fixée au début du XIVe siècle par le poète lorrain Jacques de Longuyon dans « Les Vœux du paon ». Trois viennent de l’Ancien Testament : Josué, David et Judas Maccabée. Trois sont issus de l’Antiquité gréco-romaine : Hector, Alexandre le Grand et César. Les trois derniers appartiennent au monde médiéval chrétien : Charlemagne, le roi Arthur et Godefroy de Bouillon.

Le projet s’est aussi nourri d’autres exemples. Le château de Langeais, en Indre-et-Loire, expose dans sa salle des Preux une série de tapisseries tissées dès le début du XVIe siècle. Le château de Belvès, tout proche, possède une représentation des mêmes personnages remise au jour il y a une quinzaine d’années.

Un an de travail sous le regard du public

Pascal Fournigault, qui a dressé un inventaire des peintures murales de Dordogne, a détaillé la réalisation. Le décor s’étend sur 60 m² et a demandé une année entière, sous les yeux des visiteurs. Il a été peint à six mains avec Manuela Caldeira et Jean-Patrice Péot.

Trois murs et neuf personnages : il aurait été facile de faire trois groupes de trois. L’équipe a écarté cette idée. « On ne travaille pas sur une succession de tableaux mais sur l’épiderme d’une architecture, qui accompagne et valorise », explique-t-il. Il a fallu composer avec la salle du Carrefour, qui compte une baie axiale et deux portes. La solution est partie de l’angle du mur : « lorsque l’on arrive dans la salle, les chevaliers viennent vers nous ».

Pour lui, le défi était plus stylistique que technique, car le savoir-faire est bien documenté. Les murs ont d’abord été badigeonnés à la chaux, puis décapés mécaniquement avant un enduit, « le plus lisse et clair possible ». Les dessins ont été réalisés sur papier-calque sous forme de poncifs, puis reportés sur les murs. Les couleurs les plus vives ayant disparu des murs d’époque, les tapisseries et les ouvrages enluminés bien conservés ont servi à les retrouver.

L’œuvre a été remarquée par la Société historique et archéologique du Périgord. Elle figure dans le tome II des peintures murales du Périgord, publié aux Éditions Cairn Confluences fin 2025.

Source : Sud Ouest

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