À Saint-Maur-des-Fossés, un village de jeux pour enfants handicapés

Le Village des enfants extraordinaires, à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), offre un espace de jeux et de loisirs à des jeunes porteurs d'un handicap ou de troubles du spectre autistique (TSA). Le lieu est présenté comme unique en France. Il permet aussi aux parents de souffler et d'échanger.
Faire du trampoline en fauteuil roulant est impossible dans une aire de jeux conventionnelle. Tess, 21 ans, a pourtant depuis peu le droit de sauter comme les autres. Sa mère s'en réjouit : « Cela lui permet de faire des activités auxquelles on ne pourrait pas avoir accès si ce lieu n'existait pas. On est conquises, on vient ici toutes les semaines avec grand plaisir. »
Cent enfants par semaine
Le village compte 1 500 m² d'espaces de jeux extérieurs et de salles d'activités. Il a ouvert il y a quatre ans. Il accueille une centaine d'enfants chaque semaine, sur abonnement et selon le quotient familial. Les frères et sœurs sont les bienvenus.
Myriam y a trouvé le seul endroit qui accepte, pour des activités extrascolaires, sa fille Jihane, 10 ans, atteinte d'un TSA. La fillette adore chanter. Elle a cours de musique tous les mercredis, de 14 à 15 heures, et faisait de la danse auparavant. « Cela lui permet d'avoir une activité comme tous les autres enfants ordinaires », explique sa mère.
Les parents y trouvent aussi du réconfort. Emeline, maman de Lucas, 16 ans, atteint d'un TSA, n'a pas forcément autour d'elle de personnes qui vivent la même chose. « Cela nous permet de nous retrouver, d'échanger », dit-elle. Myriam ajoute que les familles partagent les informations. Emeline conclut : « On se sent vraiment beaucoup moins seules. On a un quotidien stressant, angoissant, donc ça nous fait du bien, ça nous soulage. »
Un lieu que sa fondatrice aurait voulu trouver
Emmanuelle Stioui est la maman d'Alicia, polyhandicapée, aujourd'hui âgée de 20 ans. Elle aurait rêvé de trouver ce lieu quand sa fille était petite. Comme il n'existait pas, elle l'a imaginé et créé avec son mari. « On est un peu un Ovni dans le monde du handicap », dit-elle. Le projet a été primé à plusieurs reprises au titre de l'innovation dans le secteur des solidarités. Ses créateurs se sont inspirés de ce qu'ils ont vu à l'étranger, aux États-Unis et en Espagne, et des besoins recueillis auprès des familles.
L'investissement initial a été de trois millions d'euros. Le fonctionnement annuel est financé à 90 % par des dons, notamment par le mécénat de l'association Perce-Neige. Les subventions sont quasi inexistantes. Le village espère un jour s'implanter ailleurs en France, ce qui demandera sans doute encore beaucoup de générosité.
Source : France 3 Régions