Bordeaux fête le jour des morts mexicain à Amédée-Larrieu

La salle Amédée-Larrieu, à Bordeaux, s'est remplie de couleurs ce samedi 31 octobre. L'association mexicaine de la ville y célébrait « El día de muertos », l’événement le plus important du calendrier mexicain. Cette célébration a fait des émules dans la ville depuis 2021.
Une fête pour les enfants de la diaspora
« Ce pays, c'est la couleur, c'est la musique, c'est l'amour », résume Ivan Torres, président de l'association. Pour lui, la journée est une réplique en petit d'un événement majeur au Mexique. Elle fait connaître la culture mexicaine et permet des échanges culturels.
Elle a aussi une portée pédagogique. Pour les enfants issus de la diaspora mexicaine, elle aide à comprendre ce qu'est le jour des morts et, selon lui, à saisir ce qu'est la mort. Au Mexique, rappelle l'article, on passe la nuit du 31 octobre au 1er novembre au cimetière, près de la tombe d'un défunt.
Un autel, des visages peints
L'autel de cette édition est dédié au chanteur Juan Gabriel, qu'Ivan Torres compare à Charles Aznavour, version mexicaine. La nourriture posée dessus est fictive. La fausse tombe est ornée de fleurs de « cempasúchil » en imitation, dans un décor qui va du jaune au rouge en passant par l'orange.
Ivan Torres décrit une fête plus mexicaine que chrétienne, où l'on imagine que les morts reviennent. Il parle de syncrétisme. Les croyants y disposent la nourriture et les boissons que le défunt aimait. Fanny, bénévole, a monté un autel chez elle, avec des photos de ses proches disparus.
Femmes et enfants étaient maquillés. Fanny porte un bandeau de fleurs rouges et un contour d'yeux de la même couleur, en écho aux « calaveras » en sucre. Pendant la journée, les enfants ont peint des crânes qui rappellent ces figures.
Des poèmes sur les portes de Bordeaux
Parmi les œuvres exposées figurent des « calaveras » littéraires. Ce sont de courts poèmes satiriques, écrits en principe pour des personnes décédées. Leur autrice, Lilian, en a consacré aux six portes de Bordeaux. « Les Bordelais se reconnaissent dans ces portes », explique-t-elle.
Dans la presse mexicaine, on lit ce genre de textes durant les trois jours de la fête. Lilian y voit un humour qui sert à toucher une blessure pour la montrer. En choisissant les portes de la ville, elle a voulu rapprocher les deux cultures.
Une « mexicanisation heureuse »
Ivan Torres revendique une « mexicanisation heureuse », en couleurs, en musique et avec de l'amour. L'expression répond à celle de « mexicanisation » de la France, prophétisée par Marine Le Pen le dimanche 25 octobre à Orléans, lors du 19e congrès du Rassemblement national. Ces propos ont indigné de nombreux ressortissants.
Notre regard
Ce rendez-vous bordelais montre comment une fête née ailleurs peut devenir un lieu de dialogue local. L'article ne dit pas combien de personnes ont participé, ni si la journée sera reconduite. Reste à voir si l’association élargira ses propositions autour de cette fête.
Source : Sud Ouest